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Informatisation par le privé: Québec risque d’être pris «en otage», craint Gaétan Barrette

Periode des questions
Photo d'archives, Simon Clark L’ex-ministre de la Santé, Gaétan Barrette

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Si le gouvernement Legault confie l’informatisation du réseau de la santé à une entreprise privée, l’État québécois devra payer des redevances à l’infini, affirme l’ex-ministre de la Santé, Gaétan Barrette.  

« Je peux vous dire une chose : les compagnies sont à quatre pattes devant le gouvernement pour prendre ce marché-là !, dit-il. C’est une machine à imprimer de l’argent. »  

Notre Bureau parlementaire révélait mercredi que le gouvernement Legault a lancé un appel d’intérêt pour créer une solution unique qui réunirait « l’ensemble des fonctionnalités d’un dossier santé numérique ».   

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Données médicales 

Celui-ci viendrait remplacer les programmes déjà existants, dont le dossier clinique informatisé Cristal-Net, développé par le CHU de Québec avec des fonds publics et présentement en cours d’implantation dans de nombreux établissements.  

« On donne la gestion de même que le développement au privé, et l’on se fait prendre en otage, estime Gaétan Barrette. [...] Le produit qu’on va acheter ne bougera pas, mais on va payer des redevances, des redevances et des redevances. » 

En 2015, M. Barrette avait annoncé le déploiement de Cristal-Net dans l’ensemble du réseau de la santé. Mais à son arrivée au pouvoir, le gouvernement Legault a suspendu la décision, le temps d’évaluer les propositions du privé. Pour l’ex-ministre, le gouvernement caquiste a « cédé devant les lobbies ».  

En plus des conséquences financières, Gaétan Barrette s’inquiète du fait que Québec pourrait confier les données médicales des Québécois à une entreprise externe.  

« Le privé se retrouverait à avoir toutes les clés », dit-il. « Ça veut dire qu’une compagnie externe va pouvoir regarder, analyser, extraire tout ce qu’il y a dans le réseau de la santé », estime le critique libéral.  

Préoccupation partagée 

Sa préoccupation est d’ailleurs partagée par le président de l’Association des gestionnaires de l’information de la santé du Québec (AGISQ), Alexandre Allard.  

« On n’est pas convaincus que l’impartition de l’hébergement des données est la solution aux problématiques qui sont vécues actuellement », dit-il, tout en déplorant les nouveaux délais dans l’informatisation du réseau de la santé.  

Malgré tout, la ministre de la Santé, Danielle McCann, assure que ce nouveau report est nécessaire. « Je pense que c’est important parce que ce système-là, d’information clientèle, il faut vraiment qu’on procède de la façon la plus rigoureuse possible », dit-elle.  

Mme McCann se fait également rassurante quant à la protection des données. « On va exercer une extrême prudence », assure-t-elle.