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L’avant et l’après-grève de 1994!

Le départ de Pedro Martinez, entre autres, a privé les Expos de flirter avec les grands honneurs .
Photo d’archives Le départ de Pedro Martinez, entre autres, a privé les Expos de flirter avec les grands honneurs .

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L’histoire des Expos se résume facilement : ils n’ont jamais eu un domicile de baseball !

Comprenez-moi bien. Ils ont disputé leurs matchs à Montréal, mais jamais dans un stade construit typiquement pour disputer des matchs du baseball majeur.

Débutons avec le stade Jarry.

Le parc avait un air de fête chaque jour de matchs. Il y avait les gens qui faisaient la file pour franchir les tourniquets avec leur casquette tricolore vissée sur la tête. Les plus jeunes qui insistaient pour s’arrêter à chaque commerce. De l’autre côté de la clôture du champ droit, la fameuse piscine où des balles frappées par Willie Stargell ont atterri. Le parc Jarry, c’était aussi des terrains de balle tout autour, des courts de tennis et des aires pour un pique-nique en famille. Le stade Jarry avait été conçu pour le baseball amateur montréalais et converti par la suite pour disputer des matchs du baseball majeur en rajoutant des commodités, comme des sièges, un tableau désuet et des vestiaires de joueurs.

Le grand stade

L’autre résidence, le légendaire Stade olympique, est reconnue comme une infrastructure unique au monde. Par contre, il faut prendre en considération que l’œuvre de l’architecte français Roger Taillibert avait été conçue pour un événement de deux semaines, sans jamais considérer les besoins pour un match de baseball.

Est-ce que Montréal est une ville de baseball ? Sans aucun doute.

J’entends déjà les sceptiques crier sur tous les toits — d’ailleurs, ils peuvent se rendre même sur le toit du stade qui était censé être rétractable — « NON ! Montréal n’est pas une ville de baseball ».

J’y étais au tout début en 1969 et j’ai vécu les bons et mauvais moments de l’histoire du baseball.

Alors, commençons avec les années d’avant la grève.

Comme le disait si bien le Capitaine Bonhomme, les sceptiques du baseball seront CONFONDUS... DUS... DUS !!!

Entre 1977 et 1985, les Expos avaient une moyenne de spectateurs supérieure à la moyenne des foules de la Ligue nationale cinq saisons sur une possibilité de neuf saisons. Alors s.v.p., une petite gêne chez les sceptiques qui veulent mettre en doute Montréal comme une ville de baseball.

Il existe des dates qui marquent l’histoire d’une ville. Le 12 août 1994, c’était le début de la grève dans le baseball majeur. Un conflit de travail qui causa l’annulation d’une partie de la saison régulière, des séries éliminatoires, incluant la Série mondiale, en plus de retarder le début de la saison suivante au printemps de 1995. Le baseball majeur devenait ainsi le premier circuit de sport professionnel nord-américain à voir ses séries d’après-saison être annulées en raison d’un conflit de travail. Le huitième conflit de travail à survenir dans les ligues majeures de baseball aura duré 232 jours, soit du 12 août 1994 au 2 avril 1995.

L’année après la grève

Ce n’est pas l’année de la grève qui a envoyé les Expos en phase terminale. C’est l’année suivante, 1995. Le président des Expos, Claude Brochu avait refusé de relever le défi de mettre sous contrat à long terme les jeunes joueurs comme Larry Walker, Moisés Alou, Pedro Martinez, pour ne nommer que ceux-là.

Pourtant ce n’était pas difficile à comprendre. Tu fais signer les joueurs et tu gagnes. Tu as entre tes mains une force incontestable devant le gouvernement : la construction d’un nouveau stade. Si le gouvernement refuse, tu vends tes joueurs pas cher et tu déménages dans une autre ville américaine prête à dérouler le tapis rouge.

Au lieu de satisfaire les amateurs de baseball, Claude Brochu a opté pour une « vente de feu ». Il a laissé partir ses meilleurs joueurs en retour de prospects prétendument prometteurs.

Ce n’est pas la grève qui a changé l’histoire du baseball à Montréal, mais plutôt la prise de position du président qui ne voulait pas investir de l’argent.

Claude Brochu est devenu président des Expos sans un sou. Quelques années plus tard, tout comme Jeffrey Loria, il est parti multimillionnaire.

Les jeunes Jays sont excitants !

La saison 2019 des Blue Jays nous permet de découvrir de jeunes joueurs qui sont excitants et intenses. La reconnaissance du talent des jeunes joueurs s’est amorcée lors du concours des coups de circuit au match des étoiles. La performance de Vladimir Guerrero fils a fait écarquiller les yeux à des milliers d’amateurs de baseball qui voient maintenant en lui l’énorme potentiel de devenir un joueur vedette dans un avenir pas trop lointain.

Cela me fait penser au coup de circuit victorieux de Carlton Fisk lors de la Série mondiale contre les Reds de Cincinnati qui a permis aux Red Sox de remporter un match. Mais ils n’ont pas gagné la Série mondiale. Vladimir fils n’a pas remporté le concours des circuits, mais il fut le héros de cette excitante compétition.

L’avenir des Jays est entre les mains des dirigeants.

Sont-ils prêts à dépenser de l’argent pour offrir des contrats à long terme à leurs jeunes joueurs ou faire comme les Expos à l’époque de Claude Brochu, les échanger pour des prospects ?

Espérons que les Jays ne répéteront pas l’erreur de cette année, soit celle d’avoir échangé Stroman et Sanchez pour des inconnus !