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Les drôles d’amis de Scheer

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Si vous voulez devenir président de votre classe, il ne suffit pas d’être gentil et de sourire à tout vent. Il faut aussi éviter les mauvaises fréquentations.

Le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, semble multiplier les accointances douteuses. Et cela pourrait lui faire mal au Québec, alors qu’il a impérativement besoin de faire de nombreux gains chez nous s’il souhaite accéder au pouvoir.

Exemples

Tout d’abord, il y a la question de l’avortement. Bien qu’il se soit engagé à de multiples reprises à ne pas rouvrir ce débat, il n’en demeure pas moins que le chef conservateur est associé à des groupes qui souhaiteraient restreindre les droits en cette matière. D’ailleurs, lors de la course à la chefferie qui le couronna, il avait délégué des députés qui l’appuyaient pour le représenter dans une manifestation antiavortement.

Puis, il y a la question des armes à feu. La Coalition canadienne pour les droits aux armes à feu (CCDAF) veut faire abroger une loi récemment adoptée par le gouvernement Trudeau et qui vise à resserrer le contrôle des armes à feu. Seul le Parti conservateur s’est commis en ce sens.

Trump et cie

Au cours des derniers jours, Le Journal nous apprenait que les bleus se sont outillés d’une application visant à recueillir des données personnelles. Sur le fond, ce n’est pas surprenant. Tous les partis veulent en savoir davantage sur vous. Mais le PCC a choisi de se procurer le même modèle utilisé par le lobby antiavortement, la NRA et Donald Trump. Misère.

Lors de la campagne électorale de 2016, l’ancien ministre Denis Lebel avait affirmé que les Québécois étaient plus conservateurs que ce qu’ils pensaient. J’ai toujours cru que c’était vrai. Mais si Andrew Scheer souhaite convaincre les gens d’ici de ce fait, il devrait faire attention aux gens avec qui il se tient dans la cour d’école.