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ComediHa!: les festivaliers s'arrachent les places pour le podcast de Mike Ward

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Le ComediHa! Fest recommençait mercredi soir, après une première semaine couronnée de succès où les représentations thématiques des Villages ComediHa! ont attiré les foules soir après soir. Les festivaliers se sont notamment arraché les places pour Mike Ward sous écoute, des centaines de personnes faisant chaque soir la file dans l'espoir d'assister à l’enregistrement du podcast.

 

Mike Ward a lancé son podcast il y a plusieurs années déjà dans le but de faire découvrir les dessous du milieu humoristique au public québécois. Plus de 230 épisodes plus tard, comptant 1,5 million de téléchargements par mois, Mike Ward sous écoute est le podcast humoristique francophone le plus écouté au monde. En date d'hier, trois épisodes sur un total de six devaient encore être enregistrés devant public dans le cadre du ComediHa! Fest. Le Journal s’est entretenu avec l’humoriste au sujet de ce projet qui a, dit-il, «sauvé sa carrière».  

 

Le podcast a explosé en 2015, dans une période plus difficile pour toi, où tu as fait une dépression. Qu’est-ce que ça t’a apporté?

Ça ne me tentait plus de faire des shows, mais le podcast, j’aimais encore ça. C’est avec ça que j’ai recommencé à aimer le stand-up. Ç’a sauvé ma carrière... Peut-être pas ma vie, mais quasiment. J’ai tellement de monde qui viennent me voir, au moins deux personnes à tous les jours, dans la rue, qui me parlent de leur dépression. Vu que je parle pendant deux heures, c’est sûr que j’en ai parlé souvent. Il y a un contact plus intime, avec les podcasts, que, même, la radio.  

 

 C’est quoi, pour toi, un bon épisode?  

Le show est toujours meilleur quand il y a au moins un des deux invités que je connais bien. Si je suis avec deux inconnus, ça se peut que ce soit un désastre. [...] Mes invités préférés, c’est quand je mélange les générations. Pour moi, un podcast parfait, c’est quand j’ai des invités qui sont séparés par une génération, et de voir comment ils sont la même personne. Un gars comme Martin Matte et Guillaume Wagner sont à peu près la même personne. Le côté humoriste nous unit. Même si Guillaume est un gars de gauche et l’autre un gars de droite, ce sont des humoristes. Je n’ai pas réussi à les mettre ensemble, mais j’aimerais ça!  

C’est Michel, mon gérant, qui fait le booking. Tout ce que je lui dis, c’est que je ne veux pas avoir deux personnes sur le show que je n’ai jamais rencontrées. La raison pourquoi il y a deux invités, c’est parce que je ne voulais pas que ce soit une entrevue. À une personne, tu n’as pas le choix de te préparer, mais à trois autour d’une table, tu peux juste suivre la conversation. Je ne voulais pas travailler, c’est pour ça qu’il y a deux invités!  

 

Tu dois tenir la conversation pendant deux heures avec tes invités. As-tu peur des temps morts?  

Non. Mais ça déstabilise les plus vieux qui viennent. À la télé et à la radio, tu n’as jamais de silence, de temps morts. Au podcast, tu en as, et c’est normal. À la radio, les animateurs sentent le besoin de remplir, et moi, je ne le ressens pas. J’aime vivre avec les malaises d’être avec quelqu’un que je sens qu’il veut tout le temps «meubler». C’est là que j’ai vu que c’est le seul talent que j’ai: je suis vite. Je n’ai pas de préparation, je ne sais pas où ça s’en va, mais je suis capable de suivre.  

 

Jusqu’à quel point tes invités et toi êtes libres dans vos propos?  

C’est une liberté totale. Si ç’avait été un show télé, je me serais fait «canceller» le premier mois. Les jokes que je fais dans le podcast, je vais plus loin que n’importe où, mais les gens comprennent plus, vu que tu vois le côté humain de la personne, plus que sur scène. Avec le podcast, j’ai 400 heures de moi sur le web. Le monde voit que je ne suis pas un monstre. Si, après 400 heures, ils ne le voient pas, ils ne le verront jamais.  

 

Quels ont été les meilleurs moments de Mike Ward sous écoute?  

Ce qui me rend heureux, c’est de voir la vraie nature que certaines personnes ne montrent jamais. Hier [jeudi dernier], j’avais Olivier Martineau. C’est un gars qui cherche à «puncher» tout le temps. Mais là, ç’a pris 10 minutes et il est devenu le vrai Olivier que je connais dans la vie. Je suis aussi content d’avoir eu un Julien Lacroix avant qu’il soit connu, ou un Jerr Allain qui, grâce à mon podcast, remplit ses salles.  

L’alcool est pas si important que ça dans le podcast, mais ça prend une grosse place.

Mehdi Bousaïdan a déjà vomi pendant un épisode. Il était chaud, il a pris une gorgée et ç’a juste sorti un peu!  

 

Qui, parmi ceux que tu souhaites y voir, n’est toujours pas venu au podcast?  

Jean-Marc Parent et Yvon Deschamps. Ce sont les deux que je n’ai pas réussi à avoir.  

Pierre Légaré m’avait aussi dit qu’il allait le faire et, quand j’avais essayé de le «booker», il partait en voyage. Et après j’ai oublié, mais je vais me mettre là-dessus cet après-midi.  

 

Quels sont tes projets avec le podcast?  

En France, il n’y a pas vraiment de podcasts. [...] Cet hiver, il y a des Français qui ont fait sept heures d’avion pour venir voir mon show et assister à un épisode du podcast. Je n’en revenais pas. Alors, j’aimerais ça, faire une mini-tournée du podcast, trois ou quatre villes européennes, et des villes africaines, où on est dans le top-100 sur iTunes.  

 

Faits saillants:

  • Mike Ward sous écoute est enregistré devant public au Grand Chapiteau du Village Vidéotron les 14, 15 et 16 août.