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Vol de données: il se retrouve avec quatre hypothèques à son nom

Une victime de la fuite chez Desjardins a des dettes d’environ 300 000 $ si l’on se fie aux infos de TransUnion

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 Un membre de Desjardins se retrouve avec quatre hypothèques immobilières de plusieurs dizaines de milliers de dollars à son nom, provenant d’une banque avec qui il n’a jamais fait affaire. Il estime être laissé à lui-même pour régler ce dossier. 

 «Selon TransUnion, j’ai une dette d’environ 300 000 $. Il y a aussi des cartes de crédit que je ne connais pas dans mon dossier. Je ne sais pas s’il s’agit d’une erreur ou d’une fraude», s’inquiète Félix Tremblay, un résident de Québec.  

  •  Notre chroniqueur Michel Girard était à l’émission Le 6 à 9 de Caroline et Maka sur QUB radio:  

  

 En juillet, celui qui fait partie des victimes de la fuite de données du Mouvement Desjardins s’est inscrit à la firme de crédit Equifax. Il a aussi la protection contre le vol d’identité offerte par la coopérative avec TransUnion. 

 Lorsqu’il consulte ses dossiers de crédit, sa cote et ses finances diffèrent d’une compagnie à l’autre. 

 Des données contradictoires 

 Chez TransUnion, dans l’onglet «comptes immobiliers», il retrouve quatre prêts actifs à la Banque Royale du Canada (RBC, 35 785 $, 42 730 $, 74 928 $ et 151 051 $). Il a aussi ses anciens prêts avec Desjardins, dont le montant est à zéro. 

 L’un des prêts avec la RBC a été contracté en 2009, un autre en 2014 et deux en mai dernier. Il n’a toutefois aucun défaut de paiement inscrit à son dossier. 

 Chez Equifax, comme dette «active», on retrouve l’achat d’un condo avec Desjardins. La dernière activité pour ce prêt remonte à 2018, alors que la propriété a été vendue. Il vit aujourd’hui en appartement et il est à la recherche d’une nouvelle demeure. Il n’y a aucune mention concernant un lien avec la RBC. 

 Au cours des dernières semaines, M. Tremblay a tenté d’obtenir des explications. Chez RBC, le responsable lui aurait mentionné n’avoir aucun document à son nom. Il lui aurait demandé de contacter directement TransUnion. 

 Du côté de Desjardins, un avocat lui aurait conseillé d’essayer de trouver l’établissement où les demandes ont été effectuées. Il lui aurait aussi affirmé qu’il pourrait s’agir d’une fraude immobilière. 

 «Là, je me retrouve avec deux dossiers de crédit qui sont incompatibles. Il y a peut-être une personne qui augmente ma dette et je ne le sais pas, déplore M. Tremblay. Si mon dossier a été mélangé avec un autre Félix Tremblay, cela signifie qu’il y a des lacunes importantes. Ce n’est pas à moi de démêler ça. J’ai toujours pensé que ces agences étaient crédibles et fiables», poursuit-il, inquiet de l’impact sur son crédit. 

 Pas un cas isolé 

 M. Tremblay aimerait que les gouvernements s’impliquent davantage afin d’établir des mesures et des normes pour mieux protéger les données des citoyens. 

 Selon le porte-parole du Bureau canadien du crédit, Sylvain Paquette, il n’est pas rare que des dossiers de crédit soient mélangés lorsque des personnes ont des noms communs. Desjardins a également confirmé avoir eu vent d’erreurs similaires. 

 Par ailleurs, M. Paquette souligne qu’il ne faut pas écarter la possibilité d’une fraude. Par exemple, Félix Tremblay aurait pu servir de prête-nom pour l’achat de biens. 

 «C’est très possible qu’il ait dans son dossier des informations qui ne sont pas à lui. Ce sont des situations qui arrivent régulièrement, souligne-t-il. Il peut aussi avoir servi de prête-nom dans des transactions immobilières. Un membre de sa famille pourrait utiliser ses informations personnelles pour l’achat d’immeuble à son insu», poursuit-il. 

 Mardi, il n’a pas été possible de discuter avec un responsable chez TransUnion.  

 «Comptes immobiliers» chez TransUnion qui ne sont pas à Félix Tremblay 

 Banque Royale du Canada  

  •  Prêt signé le 6 décembre 2009 : 78 666 $. Il reste aujourd’hui un solde de 35 785 $. 
  •  Prêt signé le 6 juin 2014 : 105 500 $. Il reste aujourd’hui à payer 74 928 $. 
  •  Prêt signé le 3 mai 2019 : 43 000 $. Il reste à payer 42 730 $. 
  •  Prêt signé le 3 mai 2019 : 151 999 $. Il reste à payer 151 051 $.  

 

ÉCOUTEZ l'entrevue de Mathieu Fortier, ancien banquier, sur QUB radio: