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Comment vivre une retraite dorée grâce à un héritage

Comment vivre une retraite dorée grâce à un héritage
Illustration Adobe Stock

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Lysiane, 50 ans, vient de perdre sa mère et a hérité de 300 000 $. N’ayant jamais possédé une telle somme, elle se demande comment elle pourrait en tirer parti au maximum, notamment pour sa retraite.

Lysiane craint en effet de manquer d’argent pour ses vieux jours. Même si elle contribue à un fonds de pension à prestations déterminées avec son employeur depuis quelques années et qu’elle tente d’accumuler des REER, elle pense que cela sera insuffisant pour assurer sa sécurité financière jusqu’à son décès.

Parallèlement, ayant toujours été locataire­­­, elle aimerait s’acheter un condo. Justement, elle a déniché le logement de ses rêves au coût de 300 000 $... Quelle serait la meilleure solution pour elle, et pourrait-elle faire d’une pierre deux coups ? André Lacasse, planificateur financier chez Services financiers Lacasse, a conçu un plan sur mesure pour elle.

Placer ou acheter ?

Jusqu’ici, Lysiane a réussi à cotiser 50 000 $ dans ses REER et 30 000 $ dans un CELI. Depuis qu’elle a décroché son nouvel emploi il y a huit ans, elle gagne un confortable salaire de 70 000 $, ce qui lui permet d’épargner à un rythme plus soutenu et lui donne davantage de marge de manœuvre. Elle n’a aucune dette, si ce n’est la location d’une voiture sur 48 mois.

Plutôt que d’utiliser son héritage pour acheter un condo, une amie lui a conseillé de placer son argent et de contracter une hypothèque auprès d’une institution financière. Parce que le taux hypothécaire actuel est inférieur au rendement d’un placement, cette amie estime qu’il serait plus avantageux d’investir les 300 000 $ et d’en tirer des intérêts. A-t-elle raison ? « S’il est vrai qu’à long terme le rendement d’un placement pourrait être supérieur, néanmoins, on ne peut pas le garantir à 100 % », prévient André Lacasse.

Pour mieux évaluer la situation de Lysiane, il a donc commencé par faire sa planification de retraite, avec des projections jusqu’à ses 90 ans.

Combler le manque à gagner

« Cet exercice permet de voir ce qui lui manquera en termes de ressources financières », dit-il. Il a considéré qu’elle aurait besoin de 45 000 $ net par an pour conserver le niveau de vie souhaité.

Les rentes gouvernementales lui assureront un revenu de base, soit 11 400 $ par an pour le RRQ si elle le touche à partir de 65 ans (7200 $ seulement si elle le réclame dès 60 ans) et 7200 $ annuellement en prestations de Sécurité vieillesse, dès 65 ans. Au même âge, s’ajoutera le régime de pension de son employeur, qui représentera 18 000 $. « On arrive à un total de 36 600 $ imposable par an, ce qui n’est pas suffisant », indique André Lacasse.

Simuler un paiement hypothécaire

Le planificateur a plutôt conseillé à Lysiane d’utiliser son héritage pour acheter son condo et de ne pas emprunter. Cela lui assure non seulement une certaine sécurité, mais lorsqu’elle le vendra, la somme qu’elle en tirera s’ajoutera à ses revenus de retraite. Qui plus est, le gain en capital n’est pas imposable pour la vente d’une résidence principale.

Pour combler l’écart, il lui a aussi recommandé de simuler jusqu’à sa retraite un paiement hypothécaire de 1500 $ par mois – montant qu’elle aurait probablement payé si elle avait contracté une hypothèque auprès d’une institution financière – et d’investir ces sommes dans un REER (1000 $) et un CELI (500 $). « En procédant ainsi, Lysiane pourra non seulement se constituer un patrimoine, bâtir son plan de retraite, mais également éviter de s’endetter », mentionne André Lacasse.

Conseils

  • Vous recevez un héritage ? Le deuil qui accompagne généralement cette rentrée d’argent peut générer des remous sur le plan émotionnel. On peut donc être tenté de prendre des décisions rapides qui ne seront pas nécessairement les meilleures... Prenez le temps de réfléchir et n’agissez pas sur un coup de tête.
  • Acheter la voiture, le véhicule récréatif ou le véhicule tout terrain que vous convoitez depuis longtemps vous procurera un plaisir immédiat, certes. Mais rappelez-­vous que votre héritage serait mieux utilisé si vous le consacrez à un projet à plus long terme qui vous tient à cœur : prendre une année sabbatique pour suivre une formation ou vous lancer en affaires, par exemple.
  • Demandez l’avis d’un expert en planification financière : il vous aidera à faire le point sur vos priorités et à bâtir une stratégie en conséquence.