/sports/hockey
Navigation

Joe Murphy veut rester dans la rue

Joe Murphy
Photo d'archives Joe Murphy

Coup d'oeil sur cet article

Contraint à vivre dans la rue, l’ancien joueur de la Ligue nationale de hockey (LNH) Joe Murphy refuse l’aide de tous ceux qui essaient de le sortir de sa situation.

Sujet d’actualité il y a un an avec le court documentaire de TSN «Finding Murph», l’ex-hockeyeur a fait de Kenora, en Ontario, sa nouvelle demeure.

Le quotidien «Detroit Free Press» rapporte que des douzaines de personnes ont tenté de venir en aide à Murphy depuis 2017, y compris l’Association des anciens joueurs de la LNH (NHLAA), des policiers, d’anciens coéquipiers, son avocat et une équipe complète de travailleurs sociaux et d’experts en santé mentale.

Pendant plusieurs mois, la NHLAA a même payé une chambre d’hôtel à Murphy afin que celui-ci soit plus confortable durant l'hiver. L’ancien joueur aurait quitté l’endroit peu après, sans raison valable.

«Je n’ai même pas demandé leur aide. Ils m’ont déposé dans une chambre et je leur ai dit que ça ne fonctionnerait pas pour moi. Ce sera un échec», a-t-il déclaré au «Detroit Free Press».

Troubles de santé mentale

Au début de l’été, Murphy a reçu la visite du photographe Eric Seals, qui a passé plusieurs jours en sa compagnie. Son incursion dans la vie de l’homme de 51 ans a permis d’en connaître un peu plus sur son expérience dans la rue.

«J’aime être seul, a-t-il dit. J’ai beaucoup d’énergie. Des gens viennent me parler constamment. Pas physiquement. Je peux ressentir l’énergie spirituelle. C’est comme être seul dans une pièce. Ça m’ennuie parfois de parler aux gens.»

Selon le photographe, Murphy aurait une obsession pour les anges et les archanges. Il croit que les esprits contrôlent les gens et leur font dire des choses comme s’ils étaient des marionnettes.

Le joueur lui-même est au courant de ses troubles de santé mentale. Selon plusieurs diagnostics, il souffre de dépression, de pertes de mémoires à court terme, d’instabilité émotionnelle et de pensées suicidaires. Toujours selon le «Detroit Free Press», tous ces phénomènes seraient des symptômes d’une encéphalopathie traumatique chronique.

Plusieurs commotions cérébrales subies lors de sa carrière de 14 saisons dans la LNH pourraient être à l’origine des troubles mentaux de l'ex-attaquant.

«Le hockey, c’est super. Je n’ai pas envie de parler des commotions. Le hockey se joue mieux maintenant, car il n’y a plus de commotions cérébrales. Ils ont toutes sortes de protocoles aujourd'hui et le jeu est superbe», a déclaré Murphy de façon confuse au photographe.

La drogue peut-être en cause

Seals et les membres du centre d’aide fréquenté par Murphy à Kenora craignent que l’ancien joueur se drogue. La directrice du centre, Bernice Albany, remarque beaucoup de similitudes entre le cas de Murphy et ceux des gens dépendants à la méthamphétamine.

«Nous devons inspecter les salles de bain et les poubelles constamment, a expliqué Albany. Ça fait environ six mois que ça dure au centre. C’est devenu une crise avec les jeunes. Plusieurs en sont morts, notamment à cause du "crystal meth". [...] En marchant dans les rues de Kenora, vous remarquerez qu’il y a des seringues partout. C’est un gros problème. Ici, on vérifie à chaque jour.»

Avant de disparaître de la circulation, Murphy a obtenu du succès dans la LNH. Repêché au premier rang au total par les Red Wings de Detroit en 1986, il a connu ses meilleures années au début des années 1990, accumulant notamment 82 points en 1991-1992 avec les Oilers d’Edmonton. Sa carrière professionnelle a pris fin en 2001, après un court séjour avec les Capitals de Washington.

Visitez qub.radio pour ne rien manquer de notre programmation quotidienne et de nos baladodiffusions