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La pratique de la pêche se féminise au Québec

Les femmes sont de plus en plus présentes, au grand plaisir de l’industrie

Stéphanie Vadnais était très fière du brochet qu’elle a pêché dans le réservoir Pipmuacan, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, il y a quelques mois.
Photo courtoisie, Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs Stéphanie Vadnais était très fière du brochet qu’elle a pêché dans le réservoir Pipmuacan, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, il y a quelques mois.

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Les femmes sont de plus en plus nombreuses à pratiquer la pêche, alors que leur présence se fait davantage sentir dans les boutiques spécialisées, les pourvoiries et les groupes réservés aux femmes.

« Oui, je l’ai remarqué cette hausse [de la clientèle féminine]. Il y a un élan », assure Rémi Brien, le propriétaire de la boutique spécialisée dans la pêche à la mouche Salmo Nature.

Joannie De Lasablonnière, fondatrice de l’entreprise La pêche au féminin, en sait aussi quelque chose.

Elle en est seulement à son quatrième été et, déjà, ses forfaits de sorties de pêche ont tous été remplis au maximum de leur capacité.

« Je vois plus d’intérêt. Elles veulent en connaître plus. J’ai des femmes qui viennent avec moi depuis trois étés », lance l’instructrice certifiée.

Selon plusieurs passionnés de ce sport, les explications derrière la hausse du nombre de femmes sur les plans d’eau seraient multiples.

La recherche de zénitude et de tranquillité en est une.

Les pêcheuses se permettraient davantage de partir tout un week-end, seules, sans les enfants ni le conjoint.

Paix d’esprit

« Il y a de plus en plus de groupes de femmes. Surtout pour la pêche à la mouche. Lorsqu’elles quittent, elles s’achètent la paix d’esprit », souligne François St-Laurent, un employé à l’Atelier du Moucheur, situé à Rimouski.

M. Brien ajoute quant à lui que les hommes sont très heureux de voir l’intérêt des femmes augmenter pour la pêche. Il a lui-même initié sa conjointe au sport.

« Je peux vivre une passion en couple. C’est l’fun y aller en couple, c’est une plus belle expérience. La pêche à la mouche, c’est la zénitude. C’est quelque chose d’intéressant pour se sauver des tracas au quotidien. C’est aussi une belle excuse pour être dehors », détaille-t-il.

D’ailleurs, l’homme d’affaires soutient que les compagnies de vêtements spécialisés pour la pêche se démarquent de plus en plus en proposant des vêtements pour femmes haut de gamme, au grand plaisir des adeptes.

« Je consomme beaucoup. Je n’aime pas magasiner, mais emmène-moi dans une boutique de pêche, ça me coûte très cher », rigole Mme De Lasablonnière.

Moins de permis vendus

Au Québec, les chiffres de ventes de permis sont en chute libre depuis les cinq dernières années.

La raison première serait le vieillissement des baby-boomers. C’est pourquoi la directrice générale adjointe à la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, Stéphanie Vadnais, se réjouit de la présence des femmes.

Elle-même pêcheuse, elle remarque l’engouement de celles-ci sur les plans d’eau et les groupes de femmes de plus en plus nombreux qui s’organisent des voyages de pêche.

Toutefois, elle est d’avis que l’industrie doit continuer de dynamiser le sport pour attirer des femmes et repêcher des hommes plus jeunes.

Ventes totales de permis de pêche au Québec pour les résidents et non-résidents (toutes catégories)

  • 2014 : 765 864
  • 2015 : 739 280
  • 2016 : 727 924
  • 2017 : 696 805
  • 2018 : 703 393

*Source : ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs