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Le Vert & Or à l’image de son entraîneur

Mathieu Lecompte entretient de grands espoirs pour son équipe qu’il a voulue jeune et avec du caractère

L’entraîneur Mathieu Lecompte est fier de l’équipe qu’il a construite et qui se frottera au Rouge et Or le 25 août.
Photo Agence QMI, Audré Kieffer L’entraîneur Mathieu Lecompte est fier de l’équipe qu’il a construite et qui se frottera au Rouge et Or le 25 août.

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Alors que la saison 2019 de football universitaire débutera le 23 août, Le Journal vous propose une tournée des camps d’entraînement des équipes pour vous donner un aperçu des forces en présence.


SHERBROOKE | À sa troisième campagne à la barre du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke, Mathieu Lecompte mise sur une formation très jeune, mais des jeunesses à son image.

« Je tripe au bout, a illustré le pilote du Vert & Or, qui mise sur 50 joueurs de 1re et 2e année. Nous avons de bons jeunes avec du leadership, du caractère et de l’attitude. C’est incroyable le chien des gars en défensive. On avance dans notre plan de trois ans.

« Au début, certaines personnes n’aimaient pas que je dise que ce n’était pas mon équipe, mais c’était le cas, de poursuivre Lecompte qui a pris la relève de David Lessard en 2017. Il y a eu un changement de culture et nous avons une équipe à mon image. Il reste peu de joueurs de ma première saison et ces gars-là ont accepté notre culture. Pour la première fois de l’histoire de l’équipe, il y avait 70 gars, cet été, à Sherbrooke, qui s’entraînaient. Je connais une autre équipe qui réussit la même chose, et tous les autres clubs au pays voudraient être dans notre situation. »

Année charnière

S’il aime la nouvelle attitude, Lecompte est pleinement conscient que ça va prendre des résultats sur le terrain pour appuyer son propos. « La saison 2019 est une année charnière, a-t-il reconnu. On doit livrer de bons combats. Gagner les parties qu’on doit gagner et en gagner d’autres qui ne sont pas prévues.

« On doit prouver aux finissants de 2020 que nous sommes là pour vrai, d’ajouter l’ancien joueur de ligne défensive du Vert & Or. Le portrait a changé et les joueurs élites sont venus en visite cet été. Nous sommes à une cohorte de devenir une équipe qui peut aspirer à aller jusqu’au bout. Je sais que nous avons une meilleure équipe que l’an dernier, mais les partisans et les recrues collégiales veulent des résultats sur le terrain. Nous sommes dans une conférence où l’on retrouve deux puissances canadiennes : Concordia qui possède une longue tradition et McGill qui met les bouchées doubles. J’aimerais aller faire un petit coucou aux équipes de l’Ontario et des Maritimes. Je pense qu’on ne serait pas les bienvenus la saison suivante. »

Amour et stabilité

Embauché pour un an en novembre au poste de coordonnateur offensif, Justin Chapdelaine souhaite s’établir avec le Vert & Or pour plusieurs années, lui qui en sera à une sixième équipe depuis 2014.

« Je recherche de la stabilité et je veux demeurer au Québec, a souligné celui qui occupait le même poste avec les Gaiters de Bishop’s l’an dernier. Je suis tanné de déménager et ma copine joue au volleyball avec le Vert & Or. Je suis né à Sherbrooke et je suis vraiment fier de mes racines. »

Chapdelaine, qui a travaillé avec son père Jacques à Simon Fraser, avec les Roughriders et les Alouettes au cours des dernières années, n’a pas hésité à accepter l’offre du Vert & Or. « J’ai travaillé avec Rémi Giguère avec l’équipe du Québec U-16 à l’été 2018, et il s’est développé une excellente chimie. Je me suis senti tellement mal pour Rémi quand Jason Hogan a quitté deux semaines avant le début du camp l’an dernier et qu’il a dû prendre l’offensive. Je ne pouvais pas dire non à la proposition de l’Université de Sherbrooke.

« À Bishop’s, j’ai accepté le poste par nostalgie parce que mon père avait coaché là plusieurs années, de poursuivre l’ancien receveur des Gaels de Queen’s dans un très bon français, mais je savais que je ne resterais pas là longtemps. Chérif [Nicolas] fait une bonne job, mais c’est un petit programme avec peu de moyens. J’ai capoté sur les valeurs de coach Lecompte. »

Un quart recrue sera aux commandes de l’offensive

C’est Anthony Robichaud (photo) ou Zachary Cloutier qui obtiendra le poste de quart-arrière cette saison pour le Vert & Or.
Photo Agence QMI, Audré Kieffer
C’est Anthony Robichaud (photo) ou Zachary Cloutier qui obtiendra le poste de quart-arrière cette saison pour le Vert & Or.

Le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke misera sur un pivot recrue en 2019.

De huit en janvier, le nombre de candidats est rendu à deux. Anthony Robichaud et Zachary Cloutier bataillent pour le droit de diriger l’offensive sherbrookoise lors du match d’ouverture le 25 août au PEPS face au Rouge et Or de l’Université Laval. Les deux vivront leur baptême des rangs universitaires. Quant à Samuel Bolduc-Goulet qui a frappé en relève l’an dernier, il a vu de l’action pendant le camp, mais il se veut une police d’assurance dans l’éventualité d’une blessure à une des deux recrues.

« L’esprit de compétition est sain et ça nous pousse à nous améliorer, a mentionné Robichaud qui a amassé 2012 verges de gains par la passe l’an dernier avec les Lynx d’Édouard-Montpetit pour terminer au 3e rang en Division 2. On travaille bien ensemble. Il y avait une opportunité à Sherbrooke et ce fut une décision facile de choisir le Vert & Or. Lors de ma visite, j’ai ressenti un sentiment d’appartenance que je n’avais pas lors de mes visites à Laval et à Montréal. J’avais aussi reçu une offre de bourse complète de Maryland, mais mon anglais n’était pas assez bon et je n’ai pas réussi mon test d’admission [SAT]. Je suis content d’être ici et je ne pourrais pas être plus heureux. Je n’ai pas de regret. »

Nouveau coordonnateur offensif avec le Vert & Or, Justin Chapdelaine trace des similitudes entre Robichaud et un autre quart-arrière qu’il a côtoyé en 2016 avec les Dinos de Calgary où il occupait le poste d’entraîneur des receveurs. « Je vois les mêmes choses d’Anthony que d’Adam Sinagra à Calgary, a-t-il affirmé. Le même sang-froid et un langage corporel vraiment bon. Les deux sont mobiles. D’un quart-arrière, tu as besoin qu’il soit un peu rebelle et cowboy, et c’est leur cas. »

Parcours différent

Si Robichaud a emprunté la route habituelle pour atteindre le réseau universitaire, Cloutier, lui, a opté pour un parcours particulier. Après trois saisons avec les Nomades de Montmorency, il a pris la direction de la Californie où il a évolué au sein de deux JuCo différents. « Je n’ai pas utilisé les sentiers battus, a-t-il imagé, mais je suis arrivé à bon port quand même. Ça coûte cher aux États-Unis et il y avait une très belle opportunité qui s’offrait à moi à Sherbrooke. Je me retrouve dans une bonne situation où il manquait seulement une pièce [lire un quart-arrière].

« Même si mon projet n’a pas abouti comme je le souhaitais, j’ai grandi et appris beaucoup, poursuit le pivot natif de la région de Québec. À Los Angeles, j’ai travaillé avec un entraîneur privé [Danny Hernandez] qui m’a apporté une perspective différente du Québec. J’ai énormément progressé en un an et demi avec Danny. Même si j’ai passé deux ans aux États-Unis, il me reste quatre ans d’éligibilité. »

Une occasion en or pour Tremblay-Harnois

Une bombe a éclaté dans l’entourage du Vert & Or à quelques jours de l’ouverture du camp quand l’excellent porteur de ballon Gabriel Polan a confirmé qu’il ne jouerait pas en 2019.

« Gabriel était une grosse pièce, a reconnu l’entraîneur-chef Mathieu Lecompte, mais ça ne change pas tout. La décision commune a été prise selon les valeurs qu’on prône à l’Université de Sherbrooke, soit la santé et la sécurité des joueurs. »

Meilleur porteur du RSEQ l’an dernier et choix de 3e ronde (27e au total) du Rouge et Noir d’Ottawa en mai dernier, Polan sera opéré au genou droit pour réparer son ligament croisé antérieur et il sera de retour dans la capitale nationale en juin prochain si sa santé le lui permet. Il s’agit de la même blessure qu’il avait subie en 2015.

Poste ouvert

À sa 4e saison, William Tremblay-Harnois est maintenant dans le siège du conducteur pour mériter le poste de partant. « Le poste est ouvert et je me bats pour aller le chercher, a souligné le produit des Élans de Garneau qui a été invité au Défi Est-Ouest en mai dernier à Carleton. Avant même de savoir que Gabriel ne reviendrait pas, je me suis préparé tout l’été afin de me battre pour le poste. Je suis dans un bon état d’esprit pour prendre le poste.

« En début de carrière, je commettais des erreurs dans l’application du livre de jeux, ajoute Tremblay-Harnois. J’ai corrigé ces erreurs pour mériter la confiance des entraîneurs. J’ai eu plusieurs coordonnateurs offensifs en quatre ans, mais j’ai vraiment confiance en Justin [Chapdelaine]. Il est très pro. »

Sébastien Béland est aussi dans la course. « Il y a une grosse compétition, a indiqué le porteur de 2e année. On se pousse, ce qui va nous rendre tous les deux meilleurs. Si je suis le 2e, je vais être là pour épauler William. À ma première saison, j’ai eu la chance d’obtenir de bonnes courses et je suis confiant. »

Même s’il ne joue pas cette année, Polan demeure dans l’entourage de l’équipe. Au moment de notre passage au camp, il distribuait les gourdes d’eau à l’entraînement. Il donnera un coup de main aux entraîneurs en offensive.