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La Voix au Capitole: l'expérience fait la différence

Un passage réussi du petit écran à la scène pour La Voix Expérience grâce à l’apport des vétérans

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Le spectacle La Voix Expérience porte bien son nom. Dans ce feu roulant musical de plus de deux heures, présenté au Capitole de Québec, les vieux routiers se démarquent.

La présence de candidats plus âgés, ayant déjà de l’expérience sur scène ou sur disque, a fait jaser durant la dernière saison de La Voix. Avaient-ils leur place dans ce concept qui cherche a priori à révéler de nouveaux talents ?

Or, cette transposition à la scène d’un gala dominical, qui met en vedette onze candidats 2019, doit en grande partie sa réussite à l’assurance tranquille de la gagnante de l’édition 2019, Geneviève Jodoin, 41 ans, à l’intensité de Colin Moore, 39 ans, et au plaisir contagieux de Christian Marc Gendron, 42 ans.

Un segment où les chanteurs rendent hommage à une idole en est la preuve éloquente. Moore et Jodoin se livrent d’abord un féroce duel vocal sur It’s Only Love avant que Gendron ne prenne la balle au bond et soulève le public avec une dynamique reprise au piano, à la Elton John, de I’m Still Standing.

Les passages remarqués de Yama Laurent, et sa voix puissante, et de Marc Dupré, venu aligner quatre de ses succès dans une ambiance survoltée, confirment aussi que l’expérience est un atout essentiel pour établir le contact avec les spectateurs, fort réceptifs d’ailleurs.

Ce qui ne veut pas dire que les plus jeunes, même si certains ont parfois paru hésitants (pas facile de s’attaquer à un tube de Céline Dion) et sont en général moins flamboyants, n’arrivent pas à tirer leur épingle du jeu. On pense à Jordan Lévesque, impeccable sur le Tennessee Whiskey de Chris Stapleton, ou au volubile Vincent Chouinard, qui a incontestablement un avenir autant en musique qu’en animation.

Dynamisme

Également pilote des galas télé, le metteur en scène Jean-François Blais insuffle à cette version scénique de La Voix le même dynamisme que celui qui lui a permis de redonner du lustre ces dernières années au spectacle de la Fête nationale sur les plaines d’Abraham.

Sa recette? Privilégier les numéros collectifs et miser sur un répertoire éclectique et fédérateur. De Fred Pellerin aux Beatles en passant par Nirvana et Zaz, il fait plaisir aux nostalgiques sans pour autant négliger les succès contemporains.

Par contre, l’idée de recréer sur scène une émission de La Voix, notamment en attribuant un numéro aux spectateurs comme s’ils étaient des candidats, ou en diffusant les conversations radio entre les membres de l’équipe en coulisses, comporte ses limites.

Entendre les régisseurs se demander où est passé Rick Pagano ou si la climatisation a été activée, durant les 15 minutes précédant le début du spectacle, n’apporte rien de bien valable à l’expérience.

Et si on applaudit l’idée de transformer un entracte raccourci en pause publicitaire agrémentée d’une performance de Christian Marc Gendron, on se questionne vraiment sur l’à-propos du retour plus tard à la pub, entre deux chansons, pour mousser des concerts à venir et la boutique qui habille les artistes.

De la pub qui interrompt un spectacle? C’est à souhaiter que ce ne soit pas le début d’une nouvelle tendance.


La Voix Expérience tient l’affiche au Capitole jusqu’au 31 août. Le spectacle sera ensuite présenté au Théâtre St-Denis, à Montréal, du 4 au 8 septembre.