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Place à l’ère Chénard

L’équipe lavalloise met toute sa confiance dans son nouveau pivot de 5e année

Samuel Chénard aura la lourde tâche de succéder à Hugo Richard au poste de quart-arrière partant cette saison.
Photo Jean-Francois Desgagnés Samuel Chénard aura la lourde tâche de succéder à Hugo Richard au poste de quart-arrière partant cette saison.

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Alors que la saison 2019 de football universitaire débutera le 23 août, Le Journal vous propose une tournée des camps d’entraînement des équipes pour vous donner un aperçu des forces en présence.


Pour la première fois depuis 2014, l’offensive du Rouge et Or de l’Université Laval ne sera pas dirigée par Hugo Richard.

Dans l’ombre du triple vainqueur du trophée Jeff Russel décerné au joueur par excellence du RSEQ au cours des quatre dernières années, le vétéran de 5e année Samuel Chénard tentera de mener le Rouge et Or à bon port.

Au moment de son recrutement, Chénard avait été prévenu qu’il devrait être patient, que son rôle serait de seconder Richard pendant quatre ans et qu’une chance se présenterait si son développement était satisfaisant. Ce jour est arrivé.

« Samuel a accepté le défi au moment de son recrutement et il a progressé, a mentionné le coordonnateur offensif Justin Éthier. C’est rare qu’on remplace un quart-arrière de 5e année par un pivot de 5e année. C’est lui qui a le plus d’expérience et qui dirige le mieux notre offensive.

« On doit être réaliste, ajoute Justin Éthier. Il faut aussi comprendre qu’on ne lui demande pas de tout faire seul et de traîner l’équipe sur ses épaules. Sam est bien entouré alors que tous nos partants sont de retour sur la ligne offensive et que nous misons sur des joueurs expérimentés aux positions de porteur de ballon et de receveur. Sam sera bien encadré et on veut connaître un bon départ pour lui donner confiance. J’ai aussi rappelé aux gars qu’on avait disputé un très mauvais premier match l’an dernier et qu’on avait terminé notre saison en beauté. Au contraire en 2017, on avait connu un départ tout feu tout flamme et on sait tous comment ça avait fini [dure défaite à la Coupe Vanier]. »

Offensive équilibrée

Éthier modifiera-t-il ses schémas offensifs en raison du départ de Richard ?

« Il y a une grande partie de notre offensive qu’on roule depuis longtemps et on veut que Samuel soit capable de continuer dans la même veine, a-t-il expliqué. On va aussi s’ajuster à ce qu’il fait de bien. Il est moins mobile que Hugo, mais de bonnes lectures peuvent compenser.

« L’exécution sera la clé pour Sam parce qu’il n’a rien à envier à Hugo au niveau de la compréhension, poursuit Éthier. Le défi est au niveau de l’exécution et c’est normal parce qu’il a obtenu peu de volume. »

Le Rouge et Or privilégiera-t-il la course comme ce fut le cas dans ses conquêtes de la Coupe Vanier de 2012 et 2013 ? « Ça n’avait pas d’allure d’amasser plus de 300 verges au sol par match, a rappelé Éthier. Ces gains astronomiques ont été réussis en demi-finale canadienne et à la Coupe Vanier, mais ce n’était pas le cas dans le RSEQ où on doit présenter une offensive équilibrée pour connaître du succès. »

Nouveau pilier

Malgré les départs des quatre partants sur la ligne défensive et du secondeur étoile Dan Basambombo pour des raisons scolaires, Adam Auclair croit que la défensive lavalloise sera en mesure de tirer son épingle du jeu. « Si on progresse comme on pense que nous en sommes capables, on pourra rivaliser avec les meilleures offensives, a assuré le secondeur hybride de 4e année. Notre ligne tertiaire est expérimentée tout comme nos secondeurs. »

Joueur par excellence de la Coupe Vanier et de la Coupe Dunsmore, Auclair sera la carte maîtresse de la défensive lavalloise. Marc Fortier ne fait pas de cachette. « Adam est le pilier et le leader de notre défensive, a résumé le coordonnateur défensif du Rouge et Or. C’est un modèle pour tout le monde. Son rôle a grandi. Parce qu’Adam est voué à un bel avenir chez les pros, on sait que c’est sa dernière saison. »

« Sam est bien entouré alors que tous nos partants sont de retour sur la ligne offensive et que nous misons sur des joueurs expérimentés aux positions de porteur de ballon et de receveur. Sam sera bien encadré et on veut connaître un bon départ pour lui donner confiance. »

– Justin Éthier, à propos de Samuel Chénard

À la recherche d’un nouveau maraudeur

Le Rouge et Or misera sur un nouveau maraudeur, position névralgique au sein de la défensive du coordonnateur Marc Fortier.

Kevin McGee ayant complété son parcours universitaire, le vétéran Vincent Lévesque, qui a frappé en relève au cours des deux dernières saisons, et la recrue Félix Petit, qui a connu une solide carrière collégiale avec les Cougars du collège Champlain, sont les deux candidats en lice.

« J’ai vu du terrain en masse en 2017 et 2018, et c’est à mon tour maintenant de montrer que je peux être partant, a souligné l’ancien quart-arrière des Gaulois de La Pocatière. Ça passe ou ça casse. J’ai appris à mes trois premières années. J’ai connu une journée plus difficile, mercredi, mais je connais un bon camp dans l’ensemble. »

Même s’il n’est pas friand des grands discours, Lévesque estime qu’il possède le leadership nécessaire pour assumer le rôle de partant. « Ce n’est pas moi qui parle le plus dans le vestiaire, mais je parle sur le terrain, a-t-il indiqué. Je suis confiant et je suis en mesure d’appeler les formations, de m’assurer que tout le monde est sur la même longueur d’onde et d’apporter les ajustements quand c’est nécessaire. »

Petit voit grand

Petit voit une progression depuis le camp de printemps, en mars dernier, à Orlando.

« Je comprends mieux le cahier de jeux, et ça se déroule moins vite, ce qui me permet de jouer à pleine vitesse, a-t-il expliqué. Il me reste des choses à comprendre, et j’ai encore du pain sur la planche. Ma faiblesse se situe au niveau des ajustements. Au collégial, je restais dans les zones profondes, je jouais le ballon et je faisais des jeux. Ici, tu dois entrer dans le système et utiliser les techniques. C’est la grosse différence entre les deux niveaux ainsi que le cahier de jeux qui est pas mal plus gros à Laval. »

Petit peut-il s’imposer dès sa première année ? « Je vais faire tout mon possible pour voir du terrain. Je suis toujours très intense et je veux apporter cette intensité à l’équipe. Je veux faire ma place. »

Trois gros postes à pourvoir sur la ligne défensive

Yanis Chihat (93) vise un poste de partant sur la ligne défensive.
Photo Pascal Huot
Yanis Chihat (93) vise un poste de partant sur la ligne défensive.

En plus de perdre un joueur d’exception en Mathieu Betts, le Rouge et Or de l’Université Laval devra aussi pourvoir les trois autres postes de partant sur la ligne défensive.

Mathieu Betts et Vincent Desjardins ont formé un duo redoutable au cours des trois dernières années et ils ont tous les deux quitté pour les pros. Le plaqueur Clément Lebreux a complété son parcours universitaire et Marc-Antoine Bellefroid a pris sa retraite.

S’il convient que c’est plus unique de perdre tous tes partants la même année, Marc Fortier croit que la ligne défensive sera en mesure de tirer son épingle du jeu. « J’ai pas mal confiance en notre jeune ligne défensive, a indiqué celui qui amorcera sa 13e saison comme coordonnateur défensif. Ils n’ont pas tous de l’expérience, mais nous avons de bons joueurs en Samuel Maranda-Bizeau, Alexandre Gagnon et Yanis Chihat ainsi que des recrues de qualité. »

Chihat est prêt

Transformé en ailier défensif l’an dernier quand il a fait le saut dans les rangs universitaires, Chihat remarque une progression intéressante. « Il y a une bonne différence avec l’an dernier, a indiqué l’ancien secondeur du Campus Notre-Dame-de-Foy. J’ai vécu une période d’adaptation à ma première saison et je tente maintenant de reproduire les techniques que l’on m’enseigne. Il faut que ça devienne plus naturel. »

Même s’il n’a obtenu qu’un départ l’an dernier à McGill quand Betts a souffert de maux de dos tout juste avant le match, ce qui a forcé son retrait de l’alignement, Chihat est confiant en ses moyens. « Je suis prêt, a-t-il affirmé. Je vise le poste de partant comme tous les autres. J’adore ma nouvelle position où il y a de l’intensité à chaque jeu et que je cours après le quart-arrière. Ça correspond plus à ma personnalité que la position de secondeur.

« Je suis sûr et certain que nous aurons une bonne ligne défensive, poursuit l’ailier défensif de 6 pi 5 po et 220 livres. Les jeunes ont tellement envie d’apprendre. Ça va être difficile au début, mais on va trouver notre identité. »

Dans la lutte pour un poste de partant, la recrue Arnold Mbembe poursuit son apprentissage. « Je me concentre sur mes techniques au lieu de miser sur mes qualités athlétiques et ma vitesse comme je le faisais à Vanier, a expliqué le produit des Cheetahs. Mon but est de gagner la confiance des coachs et d’être prêt s’ils ont besoin de moi. J’ai perdu 15 livres depuis la Floride et je me sens plus fluide. »

Si certains aimeraient le comparer à Mathieu Betts, l’ailier défensif de 6 pi 6 po et 240 livres réfute toute comparaison. « Je ne suis pas un sauveur, a-t-il imagé. Je ne me compare à Mathieu d’aucune façon. Je suis ici pour aider à ma façon. »