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Il était une fois, en 1919...

<b><i>L’ennemie</i></b><br />
Irène Némirovsky<br />
Aux Éditions Denoël, 160 pages.
Photo courtoisie L’ennemie
Irène Némirovsky
Aux Éditions Denoël, 160 pages.

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Rédigé par l’auteure de Suite française, un récit aux accents autobiographiques qui nous transporte à une époque où le mot « cocotte » était encore couramment employé pour désigner les femmes de mœurs légères.

Ce roman a été publié en 1928 sous le pseudonyme de Pierre Nerey. Irène Némirovsky avait alors 25 ans et apparemment, elle avait encore beaucoup de choses à reprocher à sa mère, qui n’aurait pas toujours été un modèle de vertu. En la transposant sur papier, cette femme qui délaissait souvent le foyer familial deviendra ainsi l’ennemie du titre. Mais bien sûr, les noms seront changés : la mère s’appellera ici Francine Bragance et la fille, Gabri.

Au moment où l’histoire commence, Gabri a 11 ans et une adorable petite sœur de 6 ans. Vivant à Paris rue d’Armaillé, les deux gamines sont presque toujours livrées à elles-mêmes, leur « petite mère » ayant pris l’habitude de fréquenter les dancings et d’enchaîner les conquêtes depuis que le père est parti travailler en Pologne. Si elle avait été un peu plus disponible pour ses filles, l’impensable ne se serait donc pas produit.

Un problème qui grandit

Rappelé d’urgence, le père installera ensuite ce qu’il lui reste de famille dans un immeuble cossu. Désormais privée de sa petite sœur, Gabri sera plus maussade que jamais et plus elle grandira, plus elle verra sa génitrice d’un mauvais œil. Entre elles, ce sera d’ailleurs un peu la guerre, même si la mère ne se doute encore de rien. L’esprit­­­ entièrement accaparé par sa nouvelle relation amoureuse, Francine continuera en effet à ne vivre que pour elle sans prêter trop d’attention à Gabri. Cette dernière, qui en a assez d’être aussi transparente à ses yeux, finira toutefois par trouver un moyen très cruel de se faire remarquer...

Un récit troublant dans lequel la pire ennemie de Gabri sera surtout la solitude.

 

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Frissons garantis

Avis de décès

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Zhou Haohui, aux Éditions Sonatine, 336 pages.

Un thriller chinois, ça vous dit ? Espérons que oui, parce que celui-ci est particulièrement réussi. Mais il commence assez mal, puisqu’un brillant sergent de la police criminelle sera assassiné dès les premières pages. Le fait qu’il se soit joint dix-huit ans plus tôt à la cellule interservices 18/04 y est d’ailleurs pour quelque chose.

En avril 1984, plusieurs meurtres ont en effet été perpétrés dans la ville de Chengdu. Et ils étaient à ce point dérangeants qu’une cellule d’élite avait dû être créée. Malheureusement, elle n’a pas permis d’identifier le coupable et en 2002, celui qui se faisait à l’époque appeler « Euménide » court toujours les rues.

Retour à la case départ

Le meurtre du sergent de police n’étant que le premier d’une toute nouvelle série de crimes, la cellule interservices 18/04 sera rapidement réactivée. Avec un peu de chance, ses membres sauront peut-être cette fois capturer ledit Euménide. Car le temps presse : profitant des forums de discussion et des recommandations des internautes, Euménide a commencé à dresser la liste de toutes les personnes qui ne méritaient pas de continuer à vivre encore très longtemps. La preuve ? Il a déjà pris la liberté d’envoyer quelques avis de décès...

Premier volet d’une trilogie, ce thriller est aussi dépaysant que passionnant. Un must !

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