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Air Transat: la fin d’une époque pour un transporteur francophone

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L’absorption de Transat par Air Canada mettra fin à une lignée de compagnies aériennes francophones.

«C’est le dernier chapitre d’une histoire qui remonte à la fin des années 1940», relève l’historien Denis Angers. 

Le premier transporteur aérien fondé par des francophones a été Air Rimouski en 1946. La compagnie a ensuite été fusionnée à Québecair. Nationalisée par le gouvernement péquiste en 1983, cette dernière sera ensuite acquise par Nordair en 1986, puis par Canadian. Air Canada mettra le grappin sur Canadian en 2001. 

Air Canada a son siège social à Montréal depuis sa fondation, en 1937. Sa création était toutefois le fruit de la volonté du ministre fédéral C. D. Howe et des dirigeants anglophones du Canadien National. 

La triste fin de Nationair

Transat tire ses origines du voyagiste Tourbec, que Jean-Marc Eustache a racheté en 1978. En 1987, il a lancé le transporteur Air Transat avec François Legault et des anciens de Québecair et de Nationair, fondée quelque temps plus tôt par Robert Obadia. 

À leur apogée, Québecair et Nationair effectuaient toutes deux des vols vers l’Europe et les destinations soleil. Nationair a connu une triste fin avec un accident qui a fait 261 morts au Nigeria en 1991 et un verdict de fraude pour M. Obadia. 

D’autres transporteurs québécois ont vu le jour, dont Royal Aviation et Jetsgo, de l’entrepreneur Michel Leblanc, mais Air Transat est de loin celui qui a connu le plus de succès. 

«Transat, ç’a quand même été une vraie réussite pour le Québec», rappelle Isabelle Dostaler, de l’Université Memorial. 

Air Canada a promis de conserver la marque Transat et son siège social, mais la spécialiste en doute. 

«Au fond, cette acquisition de Transat, c’est une disparition, estime-t-elle. Ce n’est pas vrai qu’Air Transat va survivre.» «À part les petits comme Pascan Aviation, on n’aura plus de transporteur porte-drapeau québécois», dit M. Angers.