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Marilyn Manson se rachète

Cette fois, le controversé chanteur est monté sur scène et a joué ses hits

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Marilyn Manson a trouvé une manière toute simple et fort efficace pour se faire pardonner d’avoir laissé ses fans en plan, il y a trois ans, au Centre Vidéotron : monter sur scène et jouer ses hits.

Capable du meilleur comme du pire, par exemple se déclarer malade quelques secondes avant un concert, Marylin Manson s’est présenté à Québec dans de bonnes dispositions, samedi, lors de l’avant-dernière étape de la tournée Hell Never Dies, dont il partage l’affiche avec Rob Zombie.

À vrai dire, le pardon a été accordé dans le temps de le dire. Dès les premiers accords incendiaires d’Angel With The Scabbed Wings, la foule a manifesté son plaisir. Tout était oublié et les relations entre le sulfureux chanteur de 50 ans et ses admirateurs de la capitale étaient de nouveau harmonieuses.

Bain de foule et partage de joint

Pour bien sceller la réconciliation, Marilyn Manson a ensuite chanté – ou plutôt hurlé, c’est Marylin Manson quand même - This is The New Shit à travers les spectateurs entassés dans la première rangée du parterre.

Malgré des livraisons puissantes de Rock is Dead et The Dope Show, cette dernière introduite par le partage d’un joint entre les artistes sur la scène, Manson est par la suite apparu sur le pilote automatique.

Les quelque 5000 spectateurs présents au Centre Vidéotron ont eu droit à des concerts hauts en couleur.
Photo Annie T. Roussel
Les quelque 5000 spectateurs présents au Centre Vidéotron ont eu droit à des concerts hauts en couleur.

Manson y a mis plus de mordant à compter de Say10 et il a ensuite définitivement enclenché la vitesse supérieure durant sa version satanique de Sweet Dreams (Are Made Oh This), illuminée à sa demande par les téléphones des plus de 5000 spectateurs dans l’aréna.

Manson ne serait pas Manson sans une touche de grotesque. On y est arrivé pour Antichrist Superstar alors que, sur une estrade surélevée, il a harangué ses sujets en se donnant des airs de dictateur. Puis, de retour au milieu de ses fans, il a conclu avec une livraison infernale de The Beautiful People.

Dynamique Zombie

Toujours aussi coloré, Rob Zombie en a mis plein les yeux et les oreilles, avec son look de mort-vivant.
Photo Annie T. Roussel
Toujours aussi coloré, Rob Zombie en a mis plein les yeux et les oreilles, avec son look de mort-vivant.

D’un enfer à l’autre, on s’est retrouvé chez Rob Zombie, qui n’était pas là pour se faire damer le pion par Marylin Manson, non madame.

Plus dynamique que son prédécesseur – pour le prouver il a sauté sans cesse sur les trois plateformes alignées au milieu de la scène - le vétéran de la scène métal aux abondantes dreadlocks misait sur un programme musical un tantinet plus généreux : des hits de sa carrière solo, dont l’imparable Dragula, étaient entrecoupés des succès de son défunt groupe White Zombie et, devoir de mémoire rock oblige, de reprises de Blitzkrieg Bop, des Ramones, et Helter Skelter, des Beatles.

Sa mise en scène était aussi plus impressionnante, grâce notamment à la présence de marionnettes géantes, rappelant les personnages des concerts de Roger Waters. Également plus élaborées, les projections vidéo dégageaient cependant un arrière-goût du sexisme qui prévalait autrefois dans le rock et qu’on croyait dépassé. La raison ? Les femmes à moitié nues qui sont apparues à quelques reprises sur les écrans.

Le rock n’est-il pas rendu ailleurs en 2019 ?