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Ce n'est jamais qu'un homme qui meurt

L’histoire, dans la bouche et dans les yeux de Michel de Decker, me semblait embrasser à nouveau ses airs de campagnes glorieuses et ses franches tablées.

Ce n'est jamais qu'un homme qui meurt

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Ce matin, en lisant les nouvelles du jour, j’ai senti mon cœur se serrer en apprenant la mort de Michel de Decker, écrivain et chroniqueur français, spécialisé en histoire. Pour moi Michel de Decker, c’est la voix passionnée de Secrets d’Histoire, un homme avec qui je rêvais de converser des heures autour d’un repas, ce que le concours de l’existence ne m’accordera jamais. Toutefois, cette déception est bien minime face au constat que pour le monde, même si ce dernier n’en a que si peu conscience, ce n’est jamais qu’un homme qui meurt, mais un esprit, une vaste bibliothèque, toute une vie de lecture, de compréhension et d’analyses, de celles qui permettent d’y voir plus clair sur le monde qui nous a précédés et assurément sur celui vers lequel nous marchons.  

 

Michel de Decker faisait partie de cette sorte d’intellectuels – ma préférée – qui empêche l’histoire d’être une nature morte, qui y prête corps, le sien. Qui en parlait comme s’il avait dîné avec Napoléon la semaine dernière. De ces intellectuels transis par leur matière et par la voix desquels on a la fugace impression d’entendre celles des anciens. L’histoire, dans la bouche et dans les yeux de Michel de Decker, me semblait embrasser à nouveau ses airs de campagnes glorieuses et ses franches tablées. Il me captivait profondément, sincèrement. C’est peut-être là que se trouve tout mon romantisme : dans l’amour fou que je porte à ceux qui savent me plonger dans l’histoire et Michel de Decker, malgré le fait que nous n’avions eu le temps que d’échanger si peu de mots en comparaison à tous ceux qui me brûleront toujours, me laissait l’impression ferme d’être, bien plus qu’un passionné, bien plus qu’un grand érudit, une courroie de transmission. Un passeur.  

 

Je me désole de sa mort. Je me désole de ne pas avoir eu le temps, mais comme chaque fois qu’un gardien de la mémoire nous quitte, je me ragaillardis en me disant que le temps continue et que la nouvelle cohorte avance pour prendre sa place et veiller à ce que l’histoire de l’humanité ne s’oublie pas.  

 

En attendant, reposez en paix monsieur de Decker et puisse les bibliothèques du Ciel ne jamais vous suffire. 

 

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