/weekend
Navigation

Tenir sa promesse jusqu’au bout

R. J. Ellory
Photo courtoisie R. J. Ellory

Coup d'oeil sur cet article

En publiant son onzième roman en français chez Sonatine Éditions, Le Chant de l’assassin, l’écrivain britannique R.J. Ellory invite ses lecteurs à plonger dans une histoire d’une très grande densité émotionnelle. Dans cette intrigue où une promesse pousse le héros à se surpasser, des fantômes du passé surgissent. Et trouver la vérité n’est pas de tout repos.

Le Chant de l’assassin, cadré dans une région rurale du Texas, commence derrière les barreaux, en 1972. Evan Riggs a été condamné pour meurtre et n’a jamais vu sa fille Sarah, confiée dès sa naissance à une famille adoptive, dans des circonstances très pénibles.

Lorsque son compagnon de cellule, Henry Quinn, obtient sa libération, Evan lui demande de retrouver Sarah et de lui remettre une lettre.

Une fois arrivé dans la petite communauté rurale de Calvary, le jeune musicien rencontre le frère d’Evan Riggs, devenu shérif.

Celui-ci lui affirme que Sarah a quitté la ville depuis longtemps et que personne ne sait ce qu’il est advenu d’elle.

Mais Henry a fait une promesse... et il va la tenir jusqu’au bout.

Inspiration

Roger J. Ellory est très heureux de parler de ce roman, d’autant qu’il est question d’une de ses grandes passions, la musique.

« Ma mère était chanteuse et danseuse de ballet. Ma grand-mère chantait et dansait, et elle était également pianiste et enseignait le piano. Ma mère est décédée quand j’avais sept ans et je n’ai pas connu mon père. Mais j’ai grandi dans un environnement où la quête artistique était parfaitement acceptable. Ça m’est resté », partage-t-il.

Il y a quatre ou cinq ans, il a recommencé à faire de la musique et à composer, après une pause de 25 ans.

« Ça m’a inspiré, et la passion que j’ai toujours eue pour la musique a refait surface. Quand on m’a proposé d’écrire un livre sur le sujet de mon choix, il m’est apparu qu’un roman où la musique occuperait une grande place serait parfait. Mais il me fallait aussi de l’intrigue, une certaine noirceur psychologique : il fallait que ce soit un polar. »

Calvary, Texas

Roger Ellory a choisi de cadrer son intrigue au cœur du Texas.

« J’adore le Texas ! C’est un État qui a un très important bagage musical, et l’est et l’ouest du Texas sont très différents. Je voulais écrire un roman où l’on aurait de grands espaces — tellement que la seule chose qu’on pourrait voir, c’est l’horizon. Ce qui crée la claustrophobie, c’est l’atmosphère de la ville de Calvary, puisqu’il n’y a que du vide autour. »

Dans une ville isolée comme Calvary, les secrets s’ébruitent vite. R.J. Ellory partage une anecdote à ce sujet.

« Il y a quelques années, après l’élection de Barack Obama, je suis allé tourner un documentaire à Washington, D.C., avec une équipe de la BBC sur le sujet de mon livre, Les Anonymes. J’ai passé quelques heures à discuter avec une enquêteuse de la section des homicides de la police du comté de Fairfax, en Virginie. Elle n’avait pas d’enfants, pas de mari, elle n’était pas mariée. Je lui ai demandé pourquoi elle s’investissait autant dans son travail. Et elle m’a dit : parce que la vérité est plus addictive que l’héroïne. »

Le même principe s’applique aux thrillers­­­ : « Une fois qu’on est hame­çonné par l’intrigue, on veut savoir ce qui va se passer ! »

Les secrets ont énormément de pouvoir, ajoute-t-il.

« Les secrets chez deux personnes dans une relation représentent le début de la fin de cette relation. L’élément qui provoque le plus de divorces ou d’échecs amoureux, ce sont les choses que les gens font, et qu’ils ne dévoilent pas à l’autre. Les secrets. »


► R.J. Ellory est né à Birmingham en 1965.

► Il a écrit de nombreux ouvrages à succès.

► Le Chant de l’assassin est son onzième roman publié chez Sonatine Éditions.

► Il fait de la musique dans un groupe, The Whiskey Poets.

 

EXTRAIT

<b><i>Le Chant de l’assassin</i></b><br />
R.J. Ellory<br />
Sonatine Éditions, 490 pages.
Photo courtoisie
Le Chant de l’assassin
R.J. Ellory
Sonatine Éditions, 490 pages.

« L’amour change le monde, dit-on, autant pour celui qui aime que pour celui qui n’aime pas. Être amoureux et aimer : difficile de déterminer le moment de bascule. Coïncide-t-il avec une remarque ou un geste de l’être aimé, une particularité de caractère qui lui appartient en propre ? Le simple fait qu’une semblable particularité suffise à le rendre douloureusement attachant, qu’on soit seul au monde à l’avoir remarquée, justifie que d’une certaine manière on devienne soi-même spécial à ses propres yeux. Aimer l’autre, c’est peut-être s’aimer soi-même davantage. »

-R.J. Ellory, Le Chant de l’assassin, Sonatine Éditions