/news/green
Navigation

Colère des associations écologistes après une réforme de la loi électorale canadienne

Colère des associations écologistes après une réforme de la loi électorale canadienne
AFP

Coup d'oeil sur cet article

OTTAWA | Des militants environnementaux se sont insurgés lundi contre une réforme de la loi électorale canadienne qui, selon eux, risque de les museler pendant la campagne des élections législatives d’octobre, alors que la crise climatique figure parmi les principaux enjeux du scrutin.

Des représentants de l’organisme fédéral Élections Canada ont récemment informé des associations environnementales que leurs démarches pour alerter l’opinion publique sur les conséquences de l’inaction climatique seront officiellement assimilées à une activité partisane pendant la prochaine campagne électorale, a confirmé l’AFP de sources concordantes. 

La nouvelle loi électorale prévoit que les organisations et les individus désireux d’influencer une élection doivent s’enregistrer auprès d’Élections Canada en tant que «tiers» et qu’ils seront soumis à un règlement précis, prévoyant notamment une limite de leurs dépenses à 500 000$. 

Mais la plupart des groupes écologistes concernés sont légalement enregistrés comme des organismes de charité (avec des avantages fiscaux pour récolter des fonds), auxquels il est interdit de participer à des activités militantes. 

«Donc, si nous parlons du changement climatique, et si nous disons que le changement climatique est réel, cela serait problématique et serait vu comme partisan», a résumé à l’AFP Tim Gray, directeur général de l’organisation Environmental Defence. 

Ayant lui-même participé à la séance d’information d’Élections Canada cet été, M. Gray a déploré une mesure qui risque de «faire taire» les militants environnementaux à un moment crucial pour lutter contre l’accélération du réchauffement climatique. 

Une porte-parole d’Élections Canada a expliqué à l’AFP que cette mesure s’explique par le fait que certains partis politiques voulant renverser les Libéraux de Justin Trudeau ont des positions divergentes sur le changement climatique. 

En particulier, le Parti Populaire du Canada de l’ex-ministre des Affaires étrangères Maxime Bernier est ouvertement climatosceptique et estime que le dioxyde de carbone, un gaz en grande partie responsable du gaz à effet de serre, n’est pas source de pollution. 

Interrogé sur cette réforme électorale, en vigueur depuis le 13 juin, le premier ministre Justin Trudeau a estimé lundi que «nous devons agir maintenant contre le changement climatique» et a déploré que l’opposition conservatrice – avec laquelle il est au coude-à-coude dans les sondages – soit partie en croisade contre sa taxe carbone. 

Deuxième plus vaste pays de la planète, le Canada est particulièrement touché par le réchauffement climatique, qui est trois fois plus prononcé dans les territoires arctiques qu’ailleurs sur la planète.