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Maternelles 4 ans: le ministère de l’Éducation transformé en agence de voyages

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge
Photo Simon Clark Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge

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Le ministère de l’Éducation a lui-même réservé les billets d’avion et les chambres d’hôtel d’alliés new-yorkais et torontois venus témoigner en commission parlementaire en faveur de la maternelle 4 ans.  

En juin dernier, Le Journal révélait que le ministère de Jean-François Roberge a déboursé 4825 $ de fonds publics pour faire venir Carlyn A. Rahynes et Rafael Alvarez, deux responsables de l’implantation d’un réseau universel de prématernelle à New York. Les coûts (3806 $) du séjour de deux expertes ontariennes en faveur de la maternelle 4 ans ont également été épongés par les fonds publics. 

Le ministère de l’Éducation s’est transformé en véritable agence de voyages pour ses invités, révèle une demande d’accès à l’information. Les vols et les chambres d’hôtel ont été facturés directement au bureau de la sous-ministre de l’Éducation situé au Complexe G à Québec. La sous-ministre adjointe Geneviève Moisan a personnellement commandé les billets d’avion des experts de la Grosse Pomme.  

Enquête demandée 

À la demande du PQ, le président de l’Assemblée nationale François Paradis analyse actuellement la situation, pour le moins inhabituelle. Le PLQ a également demandé au Bureau de l’Assemblée nationale de se saisir du dossier. 

Mardi, Québec solidaire a demandé une enquête de la commissaire à l’éthique pour faire toute la lumière sur cette manœuvre jugée «inéquitable».  

«Le geste du ministre crée un précédent en créant des catégories d’intervenants lors des consultations particulières : ceux dont les frais encourus par leur participation sont compensés et ceux qui doivent tout payer de leur poche. Cela ouvre tout d’abord la porte aux apparences de conflits d’intérêts, le ministre semblant avoir limité l’offre de tels dédommagements à des groupes partageant son point de vue», fait valoir la députée solidaire Christine Labrie. 

Visioconférence 

Le ministre Roberge a refusé de voir une erreur dans le fait de rembourser les frais de voyages d’intervenants venus témoigner en sa faveur. «Ce n’était pas possible de faire autrement. Ce n’était pas possible de faire de la visioconférence à l’époque», a-t-il commenté. «Maintenant, on a d’autres façons d’entendre les gens», a-t-il ajouté, en référence aux nouvelles salles de l’Assemblée nationale. 

Vérification faite, la visioconférence a été utilisée à plusieurs reprises par le passé dans les anciennes salles de commission parlementaire. Le ministre a reconnu son erreur en fin de journée mardi. 

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