/news/politics
Navigation

Experts new-yorkais et ontariens aux frais de l’État: le gouvernement Legault refuse de rembourser

Coup d'oeil sur cet article

 Malgré les demandes des partis d’opposition, le gouvernement Legault refuse de rembourser les fonds publics utilisés pour faire témoigner en commission parlementaire des experts new-yorkais et ontariens favorables à son projet d’élargissement de la maternelle 4 ans. 

 Le Journal révélait mercredi matin que c’est le ministère de l’Éducation qui a réservé les vols et chambres d’hôtel des intervenants new-yorkais et torontois entendus en commission parlementaire, au printemps dernier, dans le cadre du projet de loi 5. Déjà, au mois de juin, notre Bureau parlementaire dévoilait que le ministère de l’Éducation avait déboursé 4825$ pour les deux témoins new-yorkais et 3806$ pour les deux expertes ontariennes. 

 La pratique, inusitée, a fait bondir les partis d’opposition à Québec. «Il y a un mélange des genres très grave, là-dedans, de voir le pouvoir exécutif s’immiscer dans le pouvoir législatif, dans les travaux d’une commission parlementaire, pour essayer d’orienter les groupes qu’on peut entendre, jusqu’à les payer», a dénoncé la critique péquiste en matière d’éducation, Véronique Hivon.    

 «Idéalement, les frais devraient être remboursés. Je ne sais pas qui devrait les rembourser. Est-ce que c’est le ministre ou son parti, parce qu’il y avait une orientation? Mais je pense que la question se pose», ajoute Véronique Hivon. 

 Même son de cloche au Parti libéral du Québec et chez Québec solidaire. 

 «Service à la nation québécoise» 

 Mais le ministre de l’Éducation refuse d’envisager un tel remboursement. «Je pense qu’à terme, les Québécois vont avoir un rendement, sur leur investissement, exceptionnel», a fait valoir Jean-François Roberge, évoquant les sommes économisées si le nouveau réseau est bien implanté dès le départ. 

 Pourtant, les intervenants des régions éloignées du Québec, comme ceux de l’Abitibi, ne sont pas remboursés pour leurs déplacements, a fait valoir un journaliste. «Il faut comprendre que les experts internationaux qui sont venus, sont venus rendre un service à la nation québécoise en nous informant de la façon dont ça s’est fait, pour éclairer nos travaux», a répliqué M. Roberge. Néanmoins, c’est également le cas pour les intervenants québécois. 

 «Je ne le referais pas de cette façon-là», a tout de même concédé le ministre, sans admettre une erreur. À l’avenir, les intervenants étrangers seront plutôt entendus par visioconférence, a-t-il fait valoir. 

 «Rembourser qui?» 

 Le premier ministre François Legault ne voit pas non plus pourquoi les contribuables devraient être remboursés pour les fonds du ministère utilisés pour faire témoigner des experts en faveur du gouvernement caquiste. «Rembourser qui?» a-t-il demandé sur la passerelle avant de rejoindre le Conseil des ministres. 

 Le premier ministre a plaidé la «bonne foi» de son ministre, ainsi que les avantages de faire témoigner des experts en personne. «C’est normal que, si on demande à des experts de venir partager leur expérience ici, à Québec, on paie leurs dépenses. Je pense que c’est tout à fait normal», a-t-il dit. 

 «J’ai déjà vu de compenser des experts pour venir témoigner, même s’ils venaient d’une région éloignée au Québec», a ajouté le premier ministre. 

 De son côté, l’Assemblée nationale assure que «les frais de déplacement des témoins invités aux auditions en commission parlementaire ne sont pas remboursés». Dans le cas présent, toutefois, c’est le ministère de l’Éducation qui a remboursé les frais. 

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

 

Visitez qub.radio pour ne rien manquer de notre programmation quotidienne et de nos baladodiffusions