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Offre d'emploi sexiste en Gaspésie: la Commission des droits de la personne critiquée

Simple rappel à l’ordre pour une usine de la Gaspésie

Offre d'emploi sexiste en Gaspésie: la Commission des droits de la personne critiquée
Capture d'écran Google Maps

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Une entreprise de pêcherie gaspésienne, qui avait affiché une offre d’emploi proposant un salaire moins élevé pour une femme que pour un homme pour un même poste, se fait rappeler à l’ordre, mais n’est pas punie par la Commission des droits de la personne.

En avril, Unipêche M.D.M. de Paspébiac proposait un poste à temps plein à son usine au salaire horaire de 13,28 $ pour un homme et de 12,69 $, pour une femme.

Cet affichage avait indigné la classe politique québécoise et plusieurs citoyens.

Quatre mois plus tard, la Commission des droits de la personne a envoyé une lettre à l’entreprise, dont Le Journal a obtenu copie, qui rappelle que la Charte des droits et libertés prévoit le droit à l’égalité.

«Nous vous invitons à porter une attention particulière aux exigences physiques des emplois offerts dans votre entreprise. Ces exigences [...] ne doivent pas servir à exclure les femmes», peut-on lire.

Décevante

Cette missive est décevante, selon la Table de concertation des groupes de femmes de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine. « C’est décevant qu’on ne puisse pas aller plus loin. On n’a pas l’impression dans ce cas-là que ça va faire avancer véritablement les choses dans le concret », a confié la coordonnatrice de la Table, Mireille Chartrand.

«N’importe quoi»

Le député du Parti québécois de Bonaventure trouve aussi cette lettre bien banale.

«La lettre, c’est n’importe quoi, c’est pour prouver qu’ils ont fait une petite action de réaction, mais on ne va pas plus loin que ça. On espère une enquête, des sanctions», a dit Sylvain Roy, qui souhaite également une enquête ministérielle plus exhaustive sur les conditions d’embauche des femmes et des hommes.

À la Commission des droits de la personne, on explique avoir rappelé les obligations de l’employeur en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne.

«Nous n’avons pas fait enquête puisque nous n’avons pas reçu une plainte d’une victime de discrimination. Si une plainte nous était formulée, nous pourrions faire une enquête», a précisé Meissoon Azzaria, coordonnatrice aux communications.

Au moment de publier, Unipêche n’avait pas répondu à nos messages.