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Un infirmier a encore volé des narcotiques

L’homme falsifiait les informations dans l’ordinateur

Michel Desrosiers
Photo Chantal Poirier  L’infirmier Michel Desrosiers a encore une fois été trouvé coupable de vol de narcotiques à l’hôpital où il travaillait. Il risque à nouveau une radiation de deux ans.  

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Un infirmier accro aux narcotiques a avoué avoir volé à nouveau de puissants médicaments à l’hôpital un an seulement après avoir fini de purger une sanction pour la même infraction.

L’infirmier Michel Desrosiers a plaidé coupable mardi à deux chefs d’infraction devant l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ).

On lui reproche d’avoir volé des doses d’hydromorphone (Dilaudid) injectable « à de nombreuses reprises » entre juin et octobre 2018, à l’hôpital du Pontiac, en Outaouais.

Écart de décompte

Pour parvenir à voler des doses de ce puissant opioïde, il a utilisé divers subterfuges en entrant de fausses informations dans le système informatisé de distribution de médicaments, selon le syndic.

« Des professionnels avaient ouvert une session et ne l’avaient pas refermée parce qu’ils avaient besoin d’autre chose », a dit Me Alain Galarneau, pour expliquer comment l’infirmier commandait ses doses.

Après plusieurs mois de vols, une infirmière qui avait constaté un écart dans le décompte des ampoules de Dilaudid a confronté M. Desrosiers.

« D’emblée, [l’infirmier] lui a dit: ‘‘C’est moi qui les ai pris. Je les ai pris pour moi’’ », a relaté Alain Galarneau. M. Desrosiers a été congédié.

Selon le syndic de l’OIIQ, aucune information ne porte à croire que l’infirmier a consommé pendant qu’il travaillait, ou qu’il a privé des patients d’une dose d’antidouleur.

Deuxième offense

Fait peu fréquent, c’est la deuxième fois que l’infirmier est trouvé coupable de cette infraction. En 2013, M. Desrosiers a été radié deux ans pour avoir volé des narcotiques.

Après avoir purgé sa radiation en 2015, Michel Desrosiers est retourné au travail. Or, l’OIIQ lui avait interdit de manipuler des narcotiques jusqu’en mars 2017. Un an plus tard, il a recommencé à voler.

Selon son avocat, M. Desrosiers a développé des douleurs chroniques au cou à la suite d’un accident de voiture, il y a plusieurs années.

« À partir de là, ça a été la déchéance », a dit son avocat Charles Levasseur.

Selon lui, M. Desrosiers a entrepris un suivi professionnel en désintoxication. L’infirmier n’a pas souhaité témoigner mercredi, et il a refusé de répondre au Journal.

Les deux parties ont recommandé une radiation de deux ans, ainsi qu’une interdiction de distribuer des narcotiques durant trois ans. Le conseil de discipline a pris le dossier en délibéré.