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La Chine accuse encore le Canada

La Chine accuse encore le Canada
AFP

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Le gouvernement chinois accuse le Canada d’être responsable de l’escalade politique entre les deux pays

C’est que voyez-vous, le Parti communiste chinois n’a jamais tort. 

Comme l’expliquait avec humour le regretté Simon Leys, un des meilleurs sinologues de notre époque :  

Le Parti communiste n’a jamais tort, parce qu’il pratique la dialectique.  

«La dialectique, c’est le gai savoir qui permet au Chef suprême d’avoir toujours raison, car, même quand il a tort, il a tort au bon moment, en sorte qu’il a raison d’avoir tort ; l’ennemi, par contre, même quand il a raison, il a raison au mauvais moment, ce qui fait qu’il a tort d’avoir raison».  

               Simon Leys, L’humeur, l’honneur, l’horreur, Paris, Robert Laffont, 1991. 

Toujours pareil 

Rien n’a changé depuis que ces lignes ont été écrites, sauf que le PCC tente à présent de convaincre de son infinie sagesse le reste du monde.  

Aux yeux du gouvernement chinois donc, le gouvernement canadien a tort, et il ne saurait en être autrement. 

Selon les caciques du Parti communiste chinois, le gouvernement canadien : 

- a tort de respecter ses traités avec les États-Unis ; 

- a tort de respecter l’indépendance de ses tribunaux ; 

- a tort d’encourager le mouvement démocratique à Hongkong. 

Par contre, le gouvernement chinois : 

- a raison d’arrêter des Canadiens et de les soumettre à la torture psychologique ; 

- a raison de maintenir un système de justice partial ; 

- a raison de supprimer la liberté de pensée et de parole en Chine ; 

- a raison d’intervenir dans les affaires internes de Hongkong et de menacer la ville d’une frappe policière ou armée brutale. 

C'est l'ABC de la dialectique. 

Le monde comme terrain de jeu 

Sous le règne de Deng Xiaoping, le gouvernement chinois gardait une certaine retenue dans ses interventions à l’étranger. Plus maintenant. Après tout, la Chine est la première puissance économique au monde, en parité de pouvoir d’achat. Elle sera bientôt la première puissance dans tous les domaines. Cette force nouvelle engendre de l’arrogance chez les dirigeants chinois. Rien d’inattendu ici. Au fil des siècles, les autres pays qui ont accédé à ce rang ont développé la même arrogance. 

Les démocraties sont en train de redécouvrir la nature très particulière du Parti communiste chinois. Un parti à tendance totalitaire qui broie toute opposition et qui ne tolère aucune critique contre lui. 

Le terrain de jeu du Parti communiste chinois s’est élargi. Auparavant, il se concentrait surtout en Chine. Maintenant, il s’intéresse au reste du monde. Et dans ce reste du monde, les démocraties sont ses ennemis. 

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