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Agressions sexuelles: Légère réduction de peine pour Bertrand Charest

La Cour d’appel retranche 21 mois à sa peine de 12 ans d’incarcération

Bertrand Charest
Photo d’archives L’ex-coach de ski Bertrand Charest a échoué dans sa tentative d’obtenir une réduction de peine importante pour une série de crimes sexuels contre des athlètes.

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L’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest a obtenu une réduction de peine de 21 mois pour ses crimes sexuels sur de jeunes athlètes, mais il n’aura pas de nouveau procès, a tranché jeudi la Cour d’appel du Québec.

« Il serait injuste de laisser la peine totale à 12 ans », a estimé le plus haut tribunal de la province dans une décision de 36 pages.

Il s’agit donc d’une victoire en demi-teinte pour l’agresseur sexuel âgé de 54 ans, qui continue à rejeter toute responsabilité pour ses crimes commis dans les années 1990.

À cette époque, il entraînait des athlè­tes des équipes nationales féminines junior et laurentienne. C’est en utilisant son statut de coach d’élite qu’il a abusé des adolescentes sous sa responsabilité.

Il a eu des relations sexuelles avec quatre d’entre elles, dont une qui est tombée enceinte. C’est Charest lui-même qui l’avait emmenée se faire avorter. Il maintient toutefois qu’il n’y a pas de preuve laissant croire qu’il est responsable de cette grossesse.

Des accusations en trop

Au terme de son procès en juin 2017, Charest a été déclaré coupable de 37 accusations sur 57, qui visaient neuf athlètes. Cela lui avait valu 12 ans de pénitencier. Sauf qu’il aurait dû être acquitté de plusieurs chefs, peut-on lire dans la décision d’appel.

Ainsi, Charest n’aurait jamais dû être déclaré coupable d’une agression sexuelle survenue en Nouvelle-Zélande, puisque le Canada n’y a pas de compétence territoriale.

D’autres chefs ont été retirés, en vertu d’une règle voulant qu’une personne ne puisse être condamnée pour de multiples accusations pour un même événement.

La Couronne avait également concédé durant le processus d’appel qu’il n’y avait pas assez de preuves pour conclure que Charest avait « invité, engagé ou incité les plaignantes à le toucher ».

Pas de nouveau procès

Mais si la Cour d’appel « peut déplorer que le juge [Sylvain Lépine] n’ait pas tiré de conclusions explicites et particularisées pour chacun des chefs d’accusation [...] », cela ne signifie pas que Charest mérite un nouveau procès.

« On comprend pourquoi le juge déclare l’appelant coupable : il croit les plaignantes qui décrivent des agressions et des contacts sexuels, alors que [Charest] était dans une position d’autorité et de confiance », peut-on lire dans la décision.

Dans les circonstances, la Cour d’appel a quand même réduit la peine de Charest à 10 ans et trois mois. En comptabilisant la détention provisoire, il lui reste environ trois ans à purger.

Pour sa part, une des victimes de Charest Geneviève Simard a indiqué, dans une déclaration écrite, être satisfaite du jugement.

« Je peux enfin mettre un terme à ce chapitre de ma vie qui fut long et très éprouvant pour moi, ma famille et mes proches, et je pense pouvoir parler au nom des autres filles aussi », a-t-elle indiqué.

Charest avait été libéré en mars dans l’attente de cette décision, et devra donc se constituer prisonnier dans les prochains jours.

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