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Près de 140 syndiqués d’Arbec en congé forcé à Port-Cartier

Près de 140 syndiqués d’Arbec en congé forcé à Port-Cartier
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La direction de l’usine Arbec de Port-Cartier a annulé les quarts de travail prévus jeudi, forçant près de 140 employés à rester chez eux. Et d’autres mises à pied temporaires sont prévues dès lundi, a appris Le Journal.  

La direction de l’usine Produits Forestiers Arbec Inc. de Port-Cartier a affirmé jeudi matin que les difficultés d’approvisionnement et les prix du bois avaient entraîné l’annulation d’au moins deux quarts de travail. Conséquence: «Tout le monde est chez eux ce matin», confirme le vice-président aux opérations pour la Côte-Nord d'Arbec, Jacques Dussault.  

«Pour moi, c’est très inquiétant, cette situation. Je ne veux pas qu’on perde ces emplois», confie le maire de Port-Cartier, Alain Thibault.  

Jacques Dussault explique que ce congé forcé permettra à l’usine de tourner au ralenti dès lundi.  

«On a pris une décision pour être capables d’opérer à un shift lundi matin», dit-il. Le cadre aux opérations confirme qu’environ une cinquantaine d’employés seront mis à pied temporairement dès lundi, et ce, pour une période indéterminée.  

Cette décision s’explique notamment par le coût d’achat du bois aux enchères, selon Jacques Dussault. «On est rendu avec du bois trop cher au Québec», estime le vice-président aux opérations, ajoutant du même coup que le prix de vente du bois aux États-Unis a également diminué. «Il y a 18 mois, il était pratiquement le double de ce qu’il est ce matin.»

 

Le vice-président aux opérations pour la Côte-Nord d'Arbec, Jacques Dussault
Photo courtoisie Arbec
Le vice-président aux opérations pour la Côte-Nord d'Arbec, Jacques Dussault

 

ArcelorMittal visée  

En vertu d’un contrat, la minière ArcelorMittal transporte sur les mêmes installations ferroviaires son propre minerai de fer et le bois destiné à Arbec à Port-Cartier. Mais, comme le fait valoir le représentant du syndicat des employés d’Arbec, la minière priorise le transport du fer au détriment du bois.   

«Eux, du moment où ils ont de la misère à descendre leur minerai de fer parce qu’ils sont en manque de main-d’œuvre, automatiquement, il y a un dommage collatéral de notre côté [...] On a eu un wagon cette semaine. Après ça, il n’y en a pas eu d’autres», confirme le représentant national pour Unifor, Martin Dugas.   

«Normalement c’est quatre voyages [de bois par semaine]. À trois, on est capables d’opérer», précise le vice-président aux opérations, Jacques Dussault. «On a de la difficulté à faire rentrer du bois dans cette usine-là.»  

Pour sa part, le directeur général des relations publiques chez ArcelorMittal, Nicolas Dalmau, «rejette complètement le blâme qu’on essaie de diriger vers [sa compagnie]». «Peut-être qu’on n’est pas en mesure de transporter tout le bois qu’Arbec souhaiterait. Néanmoins, on respecte les conditions du contrat.»   

Le contrat qui lie les deux compagnies sur le transport de bois est en vigueur jusqu’à la fin du mois de septembre, selon ArcelorMittal.  

Arbec tente de se faire rassurante  

La compagnie rappelle que les mises à pied sont temporaires. «Cet automne, on devrait retomber sur nos pattes», croit Jacques Dussault.  

«Dans l’organisation Arbec, Rémabec, on travaille fort avec les institutions gouvernementales et sur différents projets pour faire fonctionner Port-Cartier. On a investi beaucoup d’argent dans les dernières années et l’intention, c’est de faire marcher cette usine-là. Aussitôt qu’on va pouvoir, on va redémarrer les installations.»