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Un sommet du G7 sous tension

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Au sommet des plus grandes puissances économiques démocratiques qui se tiendra en France dès samedi, les sept leaders devront s’entendre, même si le président américain Donald Trump et son émule britannique Boris Johnson ne rendront pas les choses faciles.

Samedi, à Biarritz, sur la côte atlantique française, Emmanuel Macron sera l’hôte d’un sommet du G7 qui promet d’être mouvementé.

La tenue de ce sommet dans une station balnéaire en plein mois d’août sème la grogne chez les hôteliers et les vacanciers français, mais ce n’est rien comparé à la bisbille qu’on risque d’y voir autour de la table.

Les défis de la coopération

Depuis plus de 40 ans, le sommet du G7 est l’occasion annuelle pour les grandes puissances démocratiques de coordonner leurs actions dans plusieurs domaines.

Le communiqué final devrait, comme d’habitude, peindre un tableau optimiste sur des enjeux comme la lutte contre les inégalités, la volonté de faire plus de place aux femmes et de contrer les changements climatiques (même si Donald Trump n’y croit pas).

Entre quatre murs, toutefois, les leaders vont jongler avec plusieurs patates chaudes. Entre autres dossiers épineux, ils aborderont le Brexit, l’escalade des tensions commerciales, l’élaboration d’une stratégie commune face à la puissance chinoise et les points chauds que sont l’Ukraine, la Syrie et la Libye.

Deux joueurs récalcitrants

Ils devront aussi composer avec non plus seulement un, mais deux empêcheurs de tourner en rond.

Donald Trump, bien sûr, n’étonnera personne s’il cherche à monopoliser l’attention ou s’il quitte en claquant la porte comme il l’a fait au sommet de Charlevoix l’an dernier.

Le président américain a déjà jeté un pavé dans la mare en déclarant vouloir réadmettre la Russie dans ce club sélect sans lui imposer de conditions. Un tel geste représenterait une capitulation pour ceux qui l’avaient exclue au lendemain de l’annexion illégale de la Crimée, mais pour Trump, ce ne serait qu’une autre occasion de piétiner l’héritage de son prédécesseur et d’accorder une victoire facile à Vladimir Poutine.

L’autre participant que les leaders européens continentaux attendent de pied ferme est le nouveau premier ministre britannique. Ce dernier est convaincu qu’il pourra convaincre Angela Merkel et Emmanuel Macron de lui offrir un Brexit tout en douceur, mais il risque d’être amèrement déçu. Bien malin qui peut prédire comment l’impétueux Boris Johnson réagira.

Des enjeux incontournables

Au-delà du théâtre des leaders, ce sommet sera l’occasion pour les équipes qui les entourent de trouver des accommodements nécessaires sur des enjeux qui ne peuvent pas être négligés.

Qu’il s’agisse de la taxation des Google, Apple, Facebook et Amazon (GAFA) ou des risques de laisser s’envenimer les conflits commerciaux alors qu’une récession mondiale commence à poindre, les gouvernants du G7 n’ont pas vraiment d’autre choix que de s’entendre, ou au moins de donner l’impression qu’ils s’entendent.

S’ils en sont incapables, les marchés et les électeurs ne tarderont pas à leur faire amèrement regretter cet échec.