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Équipes sportives montréalaises: cimetière des entraîneurs

Rémi Garde n’a pas eu le temps de compléter deux saisons à la barre de l’Impact.
Photo d’archives Rémi Garde n’a pas eu le temps de compléter deux saisons à la barre de l’Impact.

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Ils se succèdent à un rythme fou.

La patience des amateurs est-elle devenue à ce point un chapitre important du guide de gestion des administrateurs ?

Pourtant, les événements sont renversants. Depuis 10 ans, les entraîneurs n’ont pas le temps de déballer leurs valises qu’on leur signifie, qu’en raison des résultats, ils ne correspondent pas à ce qu’on recherche pour l’organisation.

Chez le Canadien, on fait un stage de deux ans et demi, en moyenne, et ensuite, c’est bye bye. Claude Julien a des chances de prolonger la vie des entraîneurs à Montréal. Mais encore. Il a en poche un contrat faramineux, mais si le Tricolore connaît une saison en dents de scie, que les objectifs ne sont pas atteints, le plancher va bouger sous les pieds de l’instructeur. Ce ne sera pas chic.

Chez les Alouettes, c’est une longue liste de coachs qui n’ont pas eu le temps de bien connaître la ville. Au moins, Khari Jones démontre un leadership qu’on n’avait pas observé depuis des lunes.

Maintenant, c’est au tour de l’Impact, avec neuf matchs à disputer (incluant le Championnat canadien), de créer une onde de choc en relevant Rémi Garde de ses fonctions. Un autre entraîneur qui n’a pas réussi à convaincre les administrateurs qu’il faisait partie de la solution.

Chaque organisation fournit plusieurs raisons. Certaines mentionnent qu’il faut assurément donner à la formation une identité. D’autres diront que les entraîneurs ne pouvaient pas imposer une discipline aux joueurs. Vous savez la célèbre phrase : « Il avait perdu son vestiaire. »

Mais, il y a cependant un dominateur commun chez les trois organisations.

À qui la faute ?

Les décideurs de ces équipes ne sont-ils pas à l’origine de ce défilé des instructeurs ? Après tout, on va congédier un pilote parce que les résultats ne sont pas concluants, et aussi, parce que la clientèle montre des signes d’impatience.

Et quand la clientèle montre des signes d’impatience, cela signifie que l’intérêt pour le club s’amenuise, qu’elle n’exerce plus le même impact, par conséquent, il est plus difficile de vendre des abonnements saisonniers.

L’inquiétude s’installe. On a la patience à fleur de peau. On doit provoquer un événement qui secouera les effectifs.

Une seule solution se présente : l’entraîneur. Encore l’entraîneur. Toujours l’entraîneur. Je sais qu’il y a des exemples qui appuient cette théorie... ou plutôt qu’il y a toujours des exceptions à la règle. Craig Berube l’a confirmé avec les Blues de St. Louis, dans la LNH.

C’est bien connu que les dirigeants vont blâmer les entraîneurs pour les insuccès de l’équipe de façon à embrouiller la réalité. Parce que, très souvent, ce sont les erreurs au niveau du recrutement, ou encore, quelques mauvaises transactions qui sont à l’origine des ennuis de l’organisation.

Il y a également les dépenses folles au repêchage des joueurs amateurs.

Je ne connaissais pas Rémi Garde. Était-il un bon entraîneur ? Je laisse le soin aux gens qui gravitent autour de l’Impact de porter un jugement. Par contre, le président, Kevin Gilmore, n’est pas du genre à plaisanter quand ça ne tourne pas rond. Faut-il s’en étonner ? Non. Gilmore a été embauché pour remettre la concession sur les rails. Ceux qui le connaissent bien savent qu’il n’est pas le plus patient des administrateurs.

Un rival inattendu

Devant les derniers événements, il a pris une décision étonnante dans les circonstances. Mais en fin de saison, il sait très bien qu’il devra faire une évaluation complète de tous les effectifs autant sur le terrain que dans les bureaux. Ça fait trop longtemps que l’Impact flirte avec la médiocrité. Également, Gilmore doit sûrement garder à l’œil un autre rival qui se pointe à l’horizon, un rival qui tentera de convertir une partie de sa clientèle.

Les Alouettes ont fait des progrès inattendus au cours des dernières semaines. Non seulement offrent-ils un spectacle qui plaît et qui va plaire aux amateurs s’ils affichent la même détermination et l’engouement sans oublier que la perspective d’une qualification aux éliminatoires est bien réelle.

Les entraîneurs ne font pas long feu à Montréal depuis plusieurs années. Certes ils ont leur part de responsabilité, mais est-ce une raison de fermer les yeux sur le travail de ceux qui, justement, voient à ce que l’entreprise possède un produit de haut calibre ?