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La télé qui fait du bien

Autiste, bientôt majeur
Photo courtoisie Mathieu Gratton et Benjamin

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J’ai une confession à vous faire : la première fois que j’ai entendu dire que Charles Lafortune préparait une série sur l’autisme et qu’une caméra allait suivre au quotidien son fils Mathis­­­, j’ai grincé des dents.

J’avais peur que ce soit misérabiliste, j’avais peur de faire du voyeurisme en m’immisçant dans la vie d’une famille qui vit avec un enfant différent. Mais après seulement quelques minutes de la série Autiste : bientôt majeur, diffusée mercredi à Moi et cie, j’ai compris qu’on était ailleurs et que je m’étais inquiétée pour rien.

Cette série ne vise pas à nous faire pleurer, mais à nous faire réfléchir. Elle ne fait pas appel à notre pitié, mais à notre humanité.

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DESSINE-MOI UNE SÉRIE

La télé est capable du meilleur et du pire. Et c’est encore plus vrai dans le cas des émissions où des caméras suivent pas à pas des gens de tous horizons dans « la vraie vie ». Tu peux suivre le quotidien de barmaids aux seins gonflés, le quotidien d’acheteurs compulsifs, et j’ai même entendu parler d’une émission sur des gens qui mangent des bouts de craie ou des roches. Sauf que regarder ces émissions-là ne changera rien à ta vie.

Mais une série documentaire comme Autiste­­­, bientôt majeur a une valeur humaine, une valeur éducative, une valeur sociale et même, une valeur politique.

Ce qui m’a le plus bouleversée, c’est la franchise et la transparence des parents qui témoignent de leur propre vulnérabilité. Aucun des parents interviewés ne tente de se donner un beau rôle, personne ne se fait passer pour SuperPapa ou SuperMaman.

Je pense en particulier au témoignage de ce père qui confesse qu’il a déjà enfermé son enfant autiste dans sa chambre parce qu’il était à bout. Et qui ne cache pas que lui et sa femme en sont venus aux coups.

Je pense aussi à l’humoriste Mathieu Gratton qui raconte que quand il a reçu le diagnostic de Benjamin, il a encaissé le choc en s’anesthésiant avec l’alcool.

Hier, à mon émission de midi à QUB radio, j’ai reçu Mathieu Gratton. Quand je lui ai demandé ce que l’enregistrement de cette série avait changé dans sa vie, il m’a répondu que ça l’avait aidé à « déculpabiliser à un certain degré ». Il m’a expliqué qu’après sa première virée sur l’alcool, il a eu des rechutes. « J’ai eu de nombreux découragements. Chaque deuil avait sa rechute. J’aurais appuyé sur le bouton “Peux-tu être pas autiste, mon fils ?”. Il y a des découragements. Comme quand ton enfant est pas propre à neuf ans et que l’école t’appelle pour que tu viennes le chercher parce qu’il a sali son pantalon. » La série n’essaye pas de nous montrer que les parents d’enfants autistes sont des anges, des petits parfaits ou des héros. Ce ne sont pas des martyrs ou des monstres non plus. Ils sont des êtres humains vulnérables, vacillants, confrontés à un quotidien difficile, qui réagissent avec plus ou moins de maladresse à une réalité pas évidente. Bref, ils font de leur mieux.

SUR LA PLANÈTE AUTISTE

Oui, la télé est capable du meilleur et du pire. Mais personnellement, je la préfère quand elle me parle de parents qui en arrachent plutôt que de Jacuzzi qui rapprochent.

 

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