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Les actionnaires décrètent la fin d’un autre fleuron québécois

Transat ne pouvait pas survivre seule face à la concurrence étrangère, dit Eustache

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Les actionnaires de Transat ont signé vendredi la fin d’un autre fleuron québécois en approuvant de façon écrasante la vente du voyagiste à Air Canada.

Les détenteurs de tout près de 95 % des actions de Transat se sont prononcés en faveur de l’accord conclu avec Air Canada, soit bien plus que le seuil requis des deux tiers. Les actionnaires recevront 18 $ par action, soit un total de 720 millions $.

« Je vous remercie de tout mon cœur », a déclaré le PDG de Transat, Jean-Marc Eustache, pour conclure l’assemblée extraordinaire des actionnaires sur la transaction, tenue vendredi dans un hôtel de Montréal.

Le cofondateur de Transat touchera personnellement près de 30 millions $ avec la vente de l’entreprise (prestations de retraite, prime, actions et options).

« Moi, petit immigrant arrivé au Québec à l’âge de neuf ans et qui a aujourd’hui 71 ans, je ne considère pas avoir volé l’argent des actionnaires, de mes employés ou des Québécois », a-t-il lancé.

« Ça fait 42 ans que je travaille sept jours par semaine et que je ne prends pas de vacances », a-t-il ajouté.

En réflexion depuis deux ans

Jean-Marc Eustache a défendu avec ferveur, vendredi, la vente de Transat à Air Canada.
Photo PIerre-Paul Poulin
Jean-Marc Eustache a défendu avec ferveur, vendredi, la vente de Transat à Air Canada.

M. Eustache a expliqué aux actionnaires que depuis deux ans, soit bien avant les avances d’Air Canada, l’automne dernier, il se demandait quel était l’avenir du « petit Transat » dans le marché hautement mondialisé du voyage.

« Je me disais “Jean-Marc, ça devient tough, la business” », a-t-il confié, évoquant des concurrents comme Air France, Sunwing, KLM, British Airways, Corsair et Norwegian. Transat se frotte pourtant à plusieurs d’entre eux depuis des années.

« S’allier à la puissance d’Air Canada est le meilleur moyen de préserver et de développer ce qui a été créé », a insisté Jean-Marc Eustache.

Le dirigeant a révélé qu’après des années à se faire demander le moment de son départ, il avait finalement convenu de céder sa place à sa dauphine, Annick Guérard, le 1er novembre.

« L’idéal, ç’aurait été que l’entreprise continue, mais elle ne le pouvait pas. On n’avait pas le choix », a-t-il soutenu, résigné.

Pressé de questions sur les conséquences de la naissance d’un géant qui contrôlera plus de 60 % du marché aérien entre le Canada et l’Europe, il a assuré qu’il ne fallait pas s’inquiéter.

« Encore de nombreux choix »

« De la concurrence, il y en a toujours dans notre domaine, donc je pense que les consommateurs auront encore de nombreux choix », a-t-il martelé.

Transat espère qu’Air Canada sera aux commandes dès le début de l’an prochain. Mais la transaction est encore loin d’être scellée : les autorités de la concurrence au Canada et en Europe doivent maintenant l’examiner. Elles pourraient exiger que l’acquéreur cède certains actifs.

Quoi qu’il en soit, M. Eustache se permet de penser à la retraite.

« C’est fini la compagnie aérienne toute seule, sympathique », a-t-il dit pour clore la conférence de presse qui a eu lieu après l’assemblée.