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Sexe, drogue et violence dans un bar de HoMa

Les clients ne se cachaient pas pour consommer dans les toilettes

Le bar Chez Françoise était toujours ouvert, a assuré la propriétaire Tang Li hier au Journal, disant attendre de voir si les policiers allaient venir faire appliquer la décision de la Régie de suspendre sa licence pour 40 jours.
Photo Pierre-Paul Poulin Le bar Chez Françoise était toujours ouvert, a assuré la propriétaire Tang Li hier au Journal, disant attendre de voir si les policiers allaient venir faire appliquer la décision de la Régie de suspendre sa licence pour 40 jours.

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Un bar montréalais, où les serveuses vendaient de la drogue et où des policiers ont déjà été battus en voulant empêcher des activités sexuelles dans les toilettes, vient de perdre sa licence pour 40 jours.  

« Les événements problématiques ont lieu à tout moment de la journée, aussi bien l’après-midi que le soir ; une surveillance de l’établissement confiée à une serveuse n’est clairement pas adéquate », s’est désolée la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ), en sanctionnant le bar Chez Françoise, il y a quelques jours.  

C’est que l’établissement du quartier Hochelaga-Maisonneuve cumule les problèmes depuis quelques mois. Coups de feu, vente de drogue, consommation d’alcool après les heures permises : malgré les mots rassurants de la propriétaire Tong Li, les régisseurs ont sévi.  

L’enquête policière a débuté en novembre dernier quand une personne a contacté le 911 pour un vol dans le bar et deux coups de feu tirés à l’extérieur de l’établissement.  

À leur arrivée, les policiers ont trouvé deux douilles, mais la serveuse a juré n’avoir rien entendu. En analysant des bandes de vidéosurveillance, il a été possible de voir l’ami de cœur de la serveuse en train de servir des clients derrière le bar, tout en tenant une arme à feu.  

Les policiers ont ensuite envoyé un agent d’infiltration au bar. Et il semble que clients et employés ne se cachaient pas pour faire leur trafic.  

Commandes de coke  

« Il est témoin de deux commandes téléphoniques de cocaïne effectuées par [la serveuse], peut-on lire dans la décision. L’agent explique ensuite avoir vu un des acheteurs consommer la substance commandée dans les toilettes, à la vue des autres clients présents. »  

Lors d’une autre visite, une serveuse a dit à l’agent avoir été vendeuse de cocaïne avant de conclure deux transactions de drogue avec lui dans les semaines suivantes.  

Puis, le 2 avril, des policiers se sont rendus sur place à la suite d’une plainte stipulant que des individus avaient des relations sexuelles dans les toilettes du bar. À leur arrivée, les agents ont constaté la scène de visu, mais l’intervention a vite dégénéré.  

Police en renfort  

« S’ensuit une dégringolade d’altercations entre les policiers et une douzaine de clients, alors que ces derniers s’interposent en criant des injures et en bousculant des policiers », expliquent les régisseurs.  

Les patrouilleurs, qui ont reçu des coups de poing, ont dû appeler des renforts.  

« La preuve a démontré une absence de contrôle de l’établissement [...] ainsi qu’un manque sérieux de surveillance », ont conclu les régisseurs.  

Malgré tout, le bar Chez Françoise reste ouvert pour le moment, a assuré sa propriétaire Tong Li au Journal vendredi, dans un anglais approximatif. Elle a évoqué la possibilité de faire appel, tout en disant attendre de voir si la police allait venir faire appliquer la décision de la RACJ.