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Une lutte féroce à l’horizon

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Vu de l’extérieur, difficile de s’imaginer l’énergie qu’un parti politique peut dépenser pour affronter l’électorat, en termes de ressources financières, matérielles, humaines et logistiques, de préparation des chefs, de mobilisation militante, de conception de programmes et d’élaboration de stratégies.

Vaste opération de marketing politique

J’ai vécu sept élections, de l’intérieur, à titre de candidate-députée à l’Assemblée nationale. Chaque fois qu’on me demandait d’anticiper les résultats d’un scrutin, je répondais : « Une élection, on sait quand ça commence, mais on ne sait pas comment ça finit. »

C’est encore le cas avec la prochaine élection fédérale. Certes, les sondages sont là pour livrer des photographies du moment, mais ce n’est pas une science exacte et l’expérience a démontré que, dans bien des cas, ils se trompent.

Chose certaine, les élections ne sont plus ce qu’elles étaient. La loyauté à l’égard des partis traditionnels s’est effritée dramatiquement.

Les élections sont devenues de vastes opérations de marketing politique, conçues par des comités restreints, alimentés et orientés par des stratèges, des sondeurs et des firmes de relations publiques.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

La concentration des pouvoirs au sommet des partis est telle que durant l’élection de 2015, plusieurs députés et sénateurs libéraux se plaignaient de ne pas pouvoir parler à leur chef, Justin Trudeau, sans passer par la « centrale du parti » à Toronto.

Avec les dérives des médias sociaux, le taux de participation électorale qui baisse, le désintéressement des jeunes, la volatilité de l’électorat dans certaines régions du Québec et du Canada, tout peut arriver le 21 octobre prochain.

Sur un pied de guerre

Une certitude, cependant : seuls le Parti libéral du Canada de Justin Trudeau et le Parti conservateur du Canada d’Andrew Scheer ont des chances de former le prochain gouvernement.

Majoritaire ou minoritaire ? Tout dépendra de jusqu’où descendra le NPD et à quel niveau remontera le Bloc québécois. Qui détiendra la balance du pouvoir advenant un gouvernement minoritaire ? Il faut attendre le soir des élections pour en avoir le cœur net.

Mais déjà, nous avons un avant-goût de la férocité de cette lutte avec les attaques acerbes échangées par les deux principaux protagonistes.

Justin Trudeau est en train de définir Andrew Scheer comme un populiste peu fréquentable et une menace pour le Canada.

Et Andrew Scheer dresse un portrait peu flatteur de Justin Trudeau, pour son manque d’éthique, son gaspillage de fonds publics et son amateurisme sur la scène internationale.

En attendant le déploiement de l’artillerie lourde, je me suis entretenue, dans les semaines des 5 et 12 août, avec quatre têtes d’affiche des principaux partis qui seront au cœur de l’action :

Alain Rayes, lieutenant politique du chef conservateur Andrew Scheer au Québec ; Pablo Rodriguez, coprésident libéral de la campagne électorale au Québec ; Alexandre Boulerice, lieutenant politique du chef néo-démocrate Jagmeet Singh au Québec ; et Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois.

Des perspectives différentes à travers quatre entrevues que vous lirez dans le Journal, dès demain. Un rendez-vous à ne pas manquer !