/news/currentevents
Navigation

Viaduc effondré sur Henri-IV: «Il aurait pu y avoir des morts»

La CNESST enquête sur l’effondrement d’une structure qui a fait trois blessés sur l’autoroute Henri-IV

Coup d'oeil sur cet article

 Une tragédie a été évitée jeudi soir et c’est un miracle si l’effondrement d’une structure pendant la construction d’un viaduc de l’autoroute Henri-IV n’a pas causé des blessures graves, croit un représentant syndical. 

 « On est très chanceux. Ça aurait pu être pire que ça. Il aurait pu y avoir des morts. Mais trois blessés, c’est déjà trois de trop », a réagi, vendredi, Carl Dufour, président du syndicat CSD Construction, encore incrédule face à l’affaissement qui a blessé légèrement trois travailleurs. 

 L’accident s’est produit pendant que les ouvriers procédaient au coulage d’une dalle de béton sur un pont d’étagement en construction qui surplombe la rue Einstein. Le système d’étaiement qui supporte les coffrages s’est effondré pour une raison qui est encore énigmatique. C’est donc une structure temporaire, et non le viaduc comme tel, qui a été emportée. Celui-ci doit éventuellement accueillir les voies de l’autoroute Henri-IV en direction sud. 

 « Juste la pesanteur du béton, l’armature, les poutres d’acier, toute l’infrastructure qui tenait... Les travailleurs auraient pu tomber en dessous de tous ces débris, dit Carl Dufour. Ils auraient pu se faire assommer, se faire tuer automatiquement. » 

Photo Agence QMI, Guy Martel

 Étonnement 

 Le représentant syndical explique s’être senti interpellé par l’événement et a tenu à se rendre sur place parce que CSD Construction représente plusieurs travailleurs sur le mégachantier de l’autoroute Henri-IV. Finalement, il s’est avéré en fin de journée que les travailleurs impliqués ne sont pas membres de son organisation. 

 Carl Dufour dit bien connaître la firme EBC, l’entrepreneur général sur le chantier, et Coffrage LD, son sous-traitant qui était à l’œuvre jeudi soir. « Ce sont deux très bonnes compagnies de Québec. Habituellement, elles ont des devis, des règles à suivre très strictes pour des chantiers comme ça », affirme-t-il, en s’avouant donc « grandement étonné ». Il ne se souvient pas d’avoir été témoin de pareil accident. « Tu ne penses jamais que le plancher va défoncer en dessous de tes pieds », lance M. Dufour. 

 Selon la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), les trois travailleurs sont tombés, mais ils sont parvenus à freiner leur chute en s’agrippant à une partie de la structure, leur épargnant de plus importantes blessures. 

Photo Agence QMI, Guy Martel

 Impact à déterminer 

 Les conséquences sur l’échéancier quant à la construction de ce pont d’étagement demeurent un « point d’interrogation » au ministère des Transports (MTQ). Les travaux de coffrage avaient débuté le 4 juillet. Toutefois, l’étendue des dommages, si dommages il y a, au pont est encore inconnue, soutient Émilie Lord, porte-parole du MTQ. 

 Tout dépend de la durée de l’enquête de la CNESST et des constatations qui seront faites ensuite sur l’infrastructure, explique-t-elle. L’échéancier global des travaux de l’autoroute Henri-IV, qui prévoit la livraison de celle-ci en 2023, demeure inchangé. 

 La rue Einstein est fermée « pour une durée indéterminée ». La circulation automobile sur l’autoroute en réfection n’est pas affectée. 

 L’employeur tente toujours de comprendre 

Photo Agence QMI, Guy Martel

 Le patron des trois travailleurs blessés dans l’affaissement d’une structure temporaire de l’autoroute Henri-IV s’expliquait toujours bien mal l’accident, vendredi. 

 « Tout est suivi par des professionnels externes, comme la CNESST le demande, comme les normes le demandent. On a eu une réunion à l’interne, chez nous, puis on essaie de trouver quelque chose et on n’est pas capable », dit Léandre Drouin, propriétaire de Coffrage LD. 

 L’entreprise fondée en 1987 a collaboré à plusieurs chantiers, dont ceux du Stade Telus de l’Université Laval et du Centre Vidéotron. 

 « On est tous très étonnés de ce qu’il s’est passé, parce qu’on a tous les documents. Tout ce que ça prend, on l’a », insiste M. Drouin. 

 L’employeur est soulagé d’apprendre que ses trois employés s’en sortent sans blessures graves. « C’est sûr qu’il y a toujours un choc, mais ça va être correct », dit-il à leur propos. 

 Il souligne leur comportement exemplaire, alors que tous ont suivi la procédure en se rendant au point de rassemblement désigné, ce qui a permis un décompte rapide et a rassuré les services d’urgence, à savoir que personne n’était coincé sous les débris. 

 « Il y en a deux qui ne se sont même pas rendus à l’hôpital. L’un est à l’hôpital, mais sa vie n’est pas en danger », rapporte-t-il, en parlant de la sécurité comme d’une priorité absolue pour sa compagnie. 

Photo Agence QMI, Guy Martel

 Pas inspectées par le ministère 

 Questionné par Le Journal, le ministère des Transports a reconnu que, règle générale, il n’inspecte pas lui-même les structures temporaires, comme les étaiements qui ont cédé vendredi. Ainsi, leur sécurité relève d’abord de l’entrepreneur. 

 « Mais il ne faut pas oublier que c’est signé par un ingénieur, membre de l’ordre des ingénieurs du Québec, et que la CNESST peut toujours se déplacer sur les lieux et donner des avis sur la non-conformité de certaines structures », précise la porte-parole du MTQ Émilie Lord. 

 L’effondrement de jeudi soir survient un an après l’écroulement d’une partie d’un pont d’étagement de l’autoroute Félix-Leclerc à la hauteur du boulevard Raymond, à Beauport. Cet événement était toutefois différent à plusieurs égards, puisque ce pont était en démolition et que c’est sous le poids de la machinerie qu’il a cédé.