/news/health
Navigation

Le cauchemar des allergies

La patiente, qui est aussi gravement atteinte de la maladie de Crohn, a eu peur de mourir

allergies
Photo Héloïse Archambault Julie Carrier, qui est actuellement en attente d'une chirurgie à l'intestin à Pierre-Boucher. La femme de 37 ans a la maladie de crohn, et elle est allergie à "tout" . HÉLOÏSE ARCHAMBAULT/LE JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI

Coup d'oeil sur cet article

 Une femme de 37 ans allergique à presque tout vit un véritable cauchemar qui l’empêche de se nourrir normalement et l’oblige à se rendre à l’hôpital au moins trois fois par semaine.  

 « C’est comme un cauchemar dans un cauchemar, qui ne finit juste plus. Je me dis : “je vais me réveiller”. Mais non », confie Julie Carrier.    

 « Je suis loin d’être dans une vie normale », ajoute-t-elle.    

 Mme Carrier a des allergies depuis son enfance, et a souvent fait des chocs anaphylactiques nécessitant des soins d’urgence.    

 Avec le temps, la liste d’aliments proscrits s’est allongée. En 2016, elle était allergique à 60 aliments, dont des fruits, des légumes et le lait.    

 Aujourd’hui, la femme de Longueuil est allergique à presque tout ce qui est naturel (denrée, morphine et le latex). Parmi les rares aliments qu’elle tolère, on note des viandes et les carottes « ultra » bouillies. Le pain qu’elle peut digérer doit être fait à la maison.     

 « Manger, ça me stresse au boute », avoue celle qui est aussi atteinte depuis 10 ans de la maladie de Crohn, provoquant l’inflammation de l’intestin.     

 Depuis toujours, cette mère de deux enfants de 11 et 14 ans dit avoir appris à vivre dans la douleur chronique.    

 Pire crise de sa vie  

 Sa vie a viré au drame le 1er juillet, lorsqu’elle a vécu la « pire crise » de sa vie et a pensé mourir. Ventre gonflé comme une femme enceinte de neuf mois, vomissements de sang : Mme Carrier a perdu conscience avant d’être transférée d’urgence à l’hôpital.    

 « Je souffrais le martyre et je me suis évanouie, se rappelle l’enseignante. Je suis en vie, c’est un miracle. Je ne sais pas pourquoi je vis encore. J’ai tellement demandé à Dieu de venir me chercher parce que je n’en pouvais plus de souffrir. »     

 Hospitalisée à l’hôpital Pierre-Boucher, à Longueuil, elle a été opérée pour enlever une partie de son petit intestin, ravagé par des sténoses qui bloquaient le passage de la nourriture.    

 « Ça faisait 10 ans que la maladie ravageait mon intestin », explique la femme qui a perdu 20 livres en deux semaines.     

 « J’ai tellement mal »  

 Depuis un mois, Mme Carrier est en convalescence à la maison et elle apprend à vivre avec une iléostomie (un sac pour évacuer les selles).      

 Or, les nombreuses complications, dont des réactions allergiques aux médicaments et des thromboses, l’obligent à se rendre à l’hôpital de trois à quatre fois par semaine.    

 « C’est difficile à vivre. C’est un choc post-traumatique de la chirurgie », dit-elle, avouant que les maux abdominaux sont insupportables.      

 « J’ai tellement mal. La douleur chronique est pire que tout », confie-t-elle.    

 Malgré tout, cette mère s’accroche à l’espoir que sa maladie de Crohn soit contrôlée à nouveau et qu’on puisse lui retirer le sac dans plusieurs mois.      

 Bien que Mme Carrier est consciente qu’elle devra vivre avec une diète stricte toute sa vie, elle doit faire son deuil du plaisir de boire une boisson gazeuse et d’un morceau de chocolat à l’occasion.    

 « C’est sûr que je trouve ça vraiment plate !, admet celle qui tente de demeurer optimiste. J’espère vraiment que ça va aller mieux et que je puisse retourner travailler. Je veux juste redevenir normale. »    

 Prévention chez les jeunes  

 Par ailleurs, Mme Carrier lance un cri du cœur pour que les parents dont les enfants ont des maux de ventre inexpliqués poussent les investigations.    

 « Exigez le test de la capsule endoscopique ! Si on avait trouvé ma maladie au petit intestin au début, je suis certaine à 100 % que je ne serais pas comme ça aujourd’hui », affirme-t-elle.    

 « Si toute cette souffrance-là je peux l’épargner à un seul enfant, j’aurai réussi ma mission », répète-t-elle.     

 Ce qu’elle peut manger   

  •   Porc      
  •   Poulet         
  •   Poissons         
  •   Fruits de mer       
  •   Blé         
  •   Riz       
  •   Avoine         
  •   Pain maison         
  •   Carottes, fèves et courges « ultra » bouillies       

  

  La maladie de Crohn    

  •   Maladie inflammatoire chronique du système digestif, qui évolue en crises et en phases de rémission.      
  •   Il n’existe pas de traitement permettant d’en guérir, mais on peut contrôler l’inflammation.       

  

 Symptômes : douleurs abdominales, fièvre, diarrhée, nausées, perte de poids    

  

 Complications possibles : ulcères, plaies, fistules, abcès    

  

 Source : Profession Santé  

 

Visitez qub.radio pour ne rien manquer de notre programmation quotidienne et de nos baladodiffusions