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Comment remonter la pente

Mélissa Perron
Photo courtoisie Mélissa Perron

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L’amour des mots et la volonté de raconter une histoire où la résilience est au premier plan ont amené Mélissa Perron à signer son premier roman, Promets-moi un printemps. Ce roman touchant, intimiste, où pointe l’humour malgré la détresse, montre à quel point le soutien des proches et l’attention aux autres permettent de surmonter des passages difficiles.

Fabienne, 30 ans, a tout pour être heureuse. Elle est peintre, sa carrière est pleine de promesses, elle n’a pas de soucis financiers. Son amoureux l’adore. Mais la dépression l’a fauchée et elle est complètement désorientée.

À travers son art, elle tente d’exorciser ses peurs et ses angoisses. Ses proches l’aident, lui apportant un soutien moral et domestique exceptionnel. Son homme fait preuve de patience et de beaucoup d’amour. Le hasard l’amène à franchir la porte de la Maison du sentier, un petit centre de soins palliatifs où côtoyer la mort finit par lui redonner goût à la vie.

Peintre connue – elle signe ses créations sur porcelaine sous le surnom de Rizada depuis une dizaine d’années et ses œuvres sont offertes à l’Espace Ricardo –, Mélissa Perron avait envie de mettre des mots sur un grand mal de l’âme.

C’est un sujet qu’elle connaît intimement. « Je n’aurais pas pu écrire sur un sujet comme celui-là sans l’avoir vécu », dit-elle. Son roman est émaillé de préjugés, de remarques à l’emporte­­-pièce de gens bien intentionnés, mais qui ne comprennent pas la situation­­­.

« J’ai vécu une dépression majeure, de 15 à 20 ans, et j’en ai fait une deuxième à 26 ans et ce fut la pire du pire. J’ai été diagnostiquée autiste l’année passée, et ça a été extraordinaire, c’est à partir de là que j’ai pu me dire : OK, ça fait 38 ans que ça ne fonctionne pas et que je ne sais pas pourquoi. Là, je le sais. Et je peux faire mon rêve : écrire. Je sais ce que j’ai. »

Son héroïne, Fabienne, n’est pas autiste­­­. Mais elle traverse une dépression et Mélissa avait vraiment envie d’en parler. D’autant que c’est chose du passé. « Je n’ai jamais été aussi heureuse : j’ai une différence, oui, mais je sais c’est quoi. »

Empathie

Dans son livre, auquel elle réfléchissait depuis plusieurs années, elle manifeste une grande empathie, une grande capacité à analyser les relations humaines, les codes sociaux et l’impact des mots et des gestes.

« C’était important qu’il y ait de vraies discussions, profondes, dans mon livre. Ce n’est pas ma biographie. Je voulais montrer ce qui arrive quand on remonte. J’ai écrit ce que j’aurais aimé avoir autour de moi, quand ça s’est passé. »

Il n’y a pas de formule magique pour guérir, à son avis. « Tu ne remontes pas de ça comme un mal de tête. Ça se fait lentement. La résilience me fascine. Je parle de dépression, mais c’est plus que ça. Ça finit bien. C’est une histoire qui peut inspirer, aussi. »

  • Mélissa Perron peint la porcelaine depuis bientôt 10 ans sous le nom de Rizada.
  • Promets-moi un printemps est son premier roman.
  • En librairie le 21 août.
Promets-moi un printemps, Mélissa Perron, Éditions Hurtubise, 242 pages
Photo courtoisie
Promets-moi un printemps, Mélissa Perron, Éditions Hurtubise, 242 pages