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Fini la priorité à la main-d’œuvre locale

Le juge s’appuie sur la Charte des droits et libertés

Bernard Gauthier de la FTQ-Construction.
Photo d’archives Bernard Gauthier de la FTQ-Construction.

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Le Tribunal administratif du travail a rendu, vendredi dernier, une décision qui met fin à la priorité d’embauche locale des employés qui habitent dans les mêmes régions que les chantiers.

Cette décision marque la fin d’un litige qui opposait entre autres l’Association de la construction du Québec (ACQ) et la FTQ-Construction.

Au centre de la poursuite, les clauses des conventions collectives et des dispositions de la Loi sur les relations du travail, qui forcent les employeurs à donner une priorité d’embauche aux employés qui ont un domicile dans la région d’un chantier.

Les contrevenants s’exposent à des amendes.

La FTQ en colère

Dans sa décision, le juge Raymond Gagnon invalide la priorité d’emploi en affirmant que cela contrevient à la Charte canadienne des droits et libertés.

L’obligation de révéler l’adresse de son domicile contrevient au droit à la vie privée, selon le jugement.

Aussi, le juge Gagnon fait valoir le droit des individus à s’établir à l’endroit de leur choix.

« S’ils veulent fermer les régions, c’est le meilleur moyen », a réagi le syndicaliste Bernard Gauthier de la FTQ-Construction, qui a longuement milité pour que les travailleurs de la Côte-Nord soient priorisés sur les chantiers de cette région.

« Nous autres, on a besoin de ça pour se protéger dans nos “jobs” ici », a-t-il ajouté.

« Ça donne un gros pouvoir de négociation à l’entrepreneuriat. Est-ce qu’ils vont comprendre eux autres ? Quand t’impliques de l’argent, il y a des gens qui font les aveugles et les sourds en calvaire », a poursuivi le syndicaliste.

« On n’est pas contre que les gens de l’extérieur viennent chez nous », estime pour sa part le préfet de la MRC de Minganie, Luc Noël.

« On dit que lorsqu’il y a de grands travaux qui se font chez nous, si l’on veut occuper notre territoire, si l’on veut instruire nos gens, si l’on veut vitaliser ce territoire, il faut que l’on puisse travailler chez nous », a poursuivi M. Noël, qui rappelle que la Côte-Nord vit présentement une baisse démographique.

Le juge Raymond Gagnon a suspendu sa décision jusqu’à la fin des conventions collectives visées le 30 avril 2021.

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