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Fuir le Québec?

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Apparemment, le Québec est une prison. C’est à tout le moins ce qu’on pouvait comprendre en lisant hier un article sur le site de Radio-Canada consacré à Amrit Kaur, une enseignante de confession sikhe qui a décidé de « fuir le Québec et sa loi sur la laïcité de l’État ».

Pour celle qui vient de terminer sa formation et qui commence tout juste sa carrière d’enseignante, il semblait absolument inconcevable de retirer son signe religieux le temps de donner ses cours. C’est pour cela qu’elle vient de s’établir en Colombie-Britannique, une province où la simple idée de laïcité semble inconcevable et où le multiculturalisme canadien va apparemment de soi.

Religion

Comme l’aurait dit Gilles Guilbault dans Lance et compte, « Arrête, tu vas me faire brailler... Ça y est, je braille. »

Première observation : valait-il vraiment la peine de consacrer tout un article au départ d’une seule enseignante ? Un peu plus et on pourrait croire que le diffuseur public cherche à donner mauvaise réputation à la loi 21 !

Deuxième observation : le choix des mots compte. Ainsi, en écrivant qu’Amrit Kaur décide de « fuir le Québec », comme si ce terme était neutre, le diffuseur public endosse au moins partiellement l’idée que le Québec serait une société carcérale à laquelle il faudrait s’arracher pour retrouver sa liberté.

Troisième observation : en relayant les propos de la jeune femme qui accuse­­­ le gouvernement caquiste de « racisme », on banalise ce terme en plus de chercher à salir tout un peuple.

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Mais allons plus loin et décryptons cette nouvelle autrement. Nous serions tout à fait en droit de voir en cette jeune femme une fanatique religieuse qui révèle son inflexibilité idéologique dans son refus de retirer son turban lorsqu’elle est en situation d’enseignement.

Car on l’a dit : les symboles religieux ne sont pas interdits en soi. On demande seulement aux employés de l’État en situation d’autorité de les retirer lorsqu’ils sont en fonction. Cette exigence permet de protéger l’école et les enfants qui la fréquentent contre toute forme de prosélytisme.

Surtout, il y a des limites à inverser le sens des mots.

Si des individus, souvent issus de minorités religieuses, fuient leurs pays pour rejoindre le monde occidental, c’est que nos sociétés sont fondées sur l’idéal de liberté. Ici, une personne peut vivre selon sa conception du monde.

Liberté

Jamais dans l’histoire une civilisation n’a porté de manière aussi exigeante ce principe. Mais une société n’est pas une page blanche, et une communauté venue d’ailleurs qui cherche à s’y implanter et s’y faire accepter doit en respecter les mœurs. C’est une forme de politesse élémentaire.

Alors, redisons-le : on ne « fuit » pas le Québec. On peut toutefois librement décider de le quitter si on devient à ce point intolérant à l’endroit de son peuple que la simple expression de sa culture et de son désir de laïcité nous révulse et si la simple idée de faire un compromis avec lui semble inimaginable.