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Codes partagés

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Pendant mes vacances, j’ai lu avec plaisir une chronique de mon collègue Mathieu Bock-Côté faisant l’apologie des héros cinématographiques des années 80 et 90 interprétés par Chuck Norris ou Bruce Willis. J’ai aussi visité un porte-avions désaffecté à Charleston, Caroline du Sud. Conséquence : j’ai une envie complètement obsessive de réécouter Top Gun.

Mon ami Mathieu et moi ne correspondons pas à la définition typique du X ou du millénial. Pourtant, notre univers mental est peuplé du même cinéma hollywoodien.

Révolution

On appelle « xéniaux » ces gens situés entre deux générations, ceux qui ont connu une enfance bercée par les médias analogiques avant la révolution du numérique. Nous avons vu entrer chez nous les appareils d’enregistrement vidéo qui nous permettaient de réécouter les mêmes films en boucle, avant que les plateformes comme Illico et Netflix donnent accès à une telle quantité de contenu qu’on ne pourra jamais en venir à bout.

Ça fait en sorte que nos référents sont fortement marqués par ces films américains, en mauvaise traduction parisienne par-dessus le marché, mais pas seulement. La guerre des tuques et les vieux Bye Bye y font aussi bonne figure.

Références partagées

C’est un peu ainsi qu’une culture populaire se transforme, en s’assimilant un peu, mais en remplissant quand même sa mission première, soit d’offrir tout un langage de références partagées, souvent entre différentes générations. Si je voulais faire rire mon père à coup sûr, je n’avais qu’à répéter cette réplique de Raymond Bouchard dans Ding et Dong, le film : « Pas Ga-é-tan, mon nom. Gué-tan ». De même, je pourrais passer une soirée avec des amis à redire des lignes de dialogue de Retour vers le futur ou d’Eddy Murphy.

Est-ce que les jeunes qui grandissent aujourd’hui arriveront à se bâtir de tels codes, alors que l’offre de divertissement est rendue si vaste ? Sans doute que oui, à en juger par le succès de La Reine des neiges, souffrance de nombreux parents, mais ça ne veut pas dire qu’on va tous les comprendre. N’en a-t-il pas toujours été ainsi de toute façon ?