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Atteint de paralysie cérébrale, il souhaite devenir humoriste

Tristan Bouchard, qui est atteint de paralysie celebrale, veut devenir humoriste.
Photo Stevens Leblanc Tristan Bouchard, qui est atteint de paralysie celebrale, veut devenir humoriste.

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SAINT-PROSPER-DE-BEAUCE | Un homme atteint de paralysie cérébrale souhaite devenir humoriste parce qu’il croit que sa condition lui permettra de se démarquer dans le monde de l’humour.  

« Tout a déjà été raconté, mais pas par moi et ni de mon point de vue, étant donné que je n’ai pas la même vision qu’une personne normale », raconte Tristan Bouchard, 26 ans, qui désire gagner sa vie en faisant rire les gens depuis toujours.   

« Le désir d’être humoriste a toujours été enfoui au fond de moi, mais je n’osais pas essayer en raison de mon état et de ce que les autres pouvaient penser », ajoute l’homme qui vit dans un petit logement à Saint-Prosper, en Beauce.   

Tristan Bernard est cloué à son fauteuil roulant depuis l’âge de quatre ans. Sa paralysie cérébrale limite ses mouvements et l’empêche de mener une vie active « normale ». Comme il le dit lui-même avec une pointe d’humour, ses bras doivent « passer par toutes les lettres de l’alphabet avant de se rendre du point A au point B. » Par contre, point essentiel dans la poursuite de son rêve, il s’exprime bien, et le public le comprend sans problème.   

Faire les choses autrement  

À l’adolescence, de son propre aveu, il s’est servi de sa condition pour faire rire son entourage et se faire accepter par les autres. C’est une façon de faire qu’il regrette aujourd’hui et qu’il compte bien ne plus jamais reproduire. À ses yeux, il utilisait l’humour d’une mauvaise façon. Pour faire oublier son handicap plutôt que pour faire rire les autres. Cette fois-ci, il veut faire les choses autrement.   

« J’ai fini par réaliser qu’il ne fallait pas que je me préoccupe de ce que pouvaient penser les autres et que je devais poursuivre mon rêve », souligne-t-il.   

Après des études collégiales en théâtre et technologie au cégep de Lévis-Lauzon et un an d’études en littérature à l’université Laval, Tristan Bouchard a décidé de tenter sa chance dans le monde de l’humour. En mai 2017, il est monté sur scène pour la première fois au Café L’Aléa à Saint-Georges, un endroit qui permettait au public de présenter des numéros. Malgré le sentiment de libération de sa première prestation, il l’a qualifiée de « correcte » et n’a pas senti de malaise de la part du public pendant son numéro de dix minutes.   

« Je n’étais pas nerveux avant ma prestation, car je connaissais le matériel que je présentais ».   

Pour sa seconde performance deux mois plus tard et au même endroit, il a tenté un numéro sans filet, c’est-à-dire un numéro d’improvisation et n’avait rien préparé avant de monter sur scène. Il a échoué. Il n’hésite pas à parler de véritable « cassage de gueule » pour ce second numéro. « Je ne dois plus jamais refaire ça », dit-il, encore attristé de cette contre-performance.   

Celui qui aime l’humour de Laurent Paquin, de Réal Béland et de François Pérusse voudrait bien remonter sur les planches, mais le Café L’Aléa qui était le seul endroit adapté pour les personnes en fauteuil roulant a fermé depuis des mois.   

Direction Montréal  

Ayant ramassé un peu d’argent ces dernières années, il quittera son patelin cet automne pour tenter sa chance à Montréal, là où il y a plus d’endroits adaptés, et souhaite être admis à l’École nationale de l’humour (ENH) d’ici une ou deux années, le temps de ramasser quelques dollars supplémentaires pour réaliser son rêve.   

« Je qualifierais mon humour d’intelligent qui provient d’observation de la vie quotidienne », explique le jeune Beauceron.   

Quant à l’école, elle a répondu par courriel au Journal qu’elle « est ouverte à tous les profils et tous ceux qui soumettent une demande sont reçus en audition. Nous encourageons les gens issus de la diversité à s’inscrire en audition puisque cela enrichit non seulement la cohorte, mais élargit aussi l’éventail de propositions humoristiques présentées au grand public. »   

 « Je veux réaliser mon rêve et je suis prêt à tout pour y arriver », a-t-il conclu.   

 Un duo de paralysés cérébraux   

 Tristan Bouchard n’a jamais rencontré l’artiste Dave Richer, aussi atteint de paralysie cérébrale, qui avait fait parler de lui pour la première fois grâce à un numéro en duo avec Jean-Marc Parent il y a de nombreuses années.   

 Il est aussi influencé par le parcours d’Angelo Schiraldi, un finissant de l’École nationale de l’humour, aussi atteint de paralysie cérébrale. « Je jase parfois avec Angelo sur Facebook et j’aimerais que l’on fasse de quoi ensemble », ajoute-t-il à propos de cet humoriste qui était de la cohorte de 2017-2019 de l’ÉNH.

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