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Un aventurier britannique dans le ciel de Québec

Il complétera bientôt un tour du monde de 37 000 kilomètres avec son autogire

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Un aventurier britannique qui n’a pas froid aux yeux a profité d’un bref arrêt à Québec avant d’entreprendre la portion la plus risquée de son périple de 37 000 kilomètres autour du globe à bord d’un simple aéronef de 500 kilogrammes.

Parti il y a cinq mois du Royaume-Uni, James Ketchell a traversé en solitaire l’Europe, la Russie, le détroit de Béring et les États-Unis, avant d’entrer récemment dans le ciel canadien, à bord de son autogire, un petit appareil à mi-chemin entre l’avion et l’hélicoptère.

« Aucun autogire n’a volé de manière continue autour du monde, donc je tente de réaliser un record mondial », explique l’intrépide voyageur avec un accent britannique prononcé, quelques minutes avant de décoller, hier, de l’aéroport de Neuville, près de Québec, mettant le cap sur Sept-Îles.

Le pilote de 37 ans ne criera pas victoire avant d’avoir mené à terme l’étape la plus périlleuse de son expédition, lui qui volera bientôt au-dessus des territoires hostiles du Grand Nord québécois pour ensuite franchir l’Atlantique, entre le Groenland et sa terre natale, soit la plus grande étendue d’eau de son périple. Celui-ci devrait prendre fin dans trois semaines.

Un moteur

Avec un seul moteur, il sait qu’il n’a pas droit à l’erreur. « L’autogire ne sait pas où il est, il ne sait pas qu’il survole l’océan, moi seul le sais. C’est un avion incroyable. J’ai confiance. Il faut seulement être prudent et voler lors des belles journées », soutient-il.

L’aventurier considère qu’il avait un quotidien assez ennuyeux jusqu’en 2008 lorsqu’un accident de moto a changé sa vie. Lui qui ne devait jamais pouvoir marcher à nouveau, il a fait mentir ses médecins et s’est décidé à traverser l’océan Atlantique à la rame. « Une fois que je l’ai fait, tout à coup, toutes ces opportunités se sont présentées à moi », raconte M. Ketchell, qui a ensuite gravi l’Everest et fait le tour du monde à vélo, des exploits qui l’ont fait connaître à l’international.

Celui qui était gestionnaire des comptes pour une multinationale américaine considère aujourd’hui qu’il ne travaille pas parce qu’il fait simplement ce qu’il aime. En réalisant ces prouesses, il affirme vouloir inspirer la jeunesse en montrant que rien n’est impossible.

Un autre voyage

Denis Anctil, propriétaire de l’école Gyro Aventure, n’a pas hésité une seconde à lui ouvrir les portes de son hangar, à Neuville. « Son équipe m’a contacté mercredi soir et il est arrivé jeudi. Il devait repartir vendredi, mais il a trouvé Québec tellement belle qu’il a décidé de rester un peu ! », dit-il.

Quant à James Ketchell, il songe déjà à sa prochaine aventure. « Saviez-vous qu’aucun être humain sur cette planète n’a jamais fait le tour du globe à la fois par l’air, la mer et la terre ? », lance-t-il en souriant. Théoriquement, il lui suffirait maintenant de visiter les océans du monde en voilier... « Ce serait stupide de ne pas le faire ! », conclut le grand voyageur.

Qu’est-ce qu’un autogire ?

Photo Dominique Lelièvre
  • Inventé en 1923
  • Décolle comme un avion tout en ayant la maniabilité d’un hélicoptère
  • Supporté par un rotor entraîné par le vent, propulsé par une hélice arrière