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Des narcotrafiquants d’ici sont attirés par l’Australie

L’arrestation de deux Québécoises en 2016 n’a pas ralenti l’exportation de drogue

Des narcotrafiquants d’ici sont attirés par l’Australie
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 Le crime organisé du Québec et du reste du pays continue d’exporter des quantités massives de drogues en Australie, malgré un retentissant échec qui a fait le tour du monde il y a trois ans.  

 C’est ce que constate le Service canadien de renseignements criminels (SCRC) dans un récent rapport sur l’état du marché des stupéfiants obtenu par Le Journal.  

 «Les groupes du crime organisé canadien continueront d’être attirés par la combinaison de la demande élevée et des prix élevés dans certains pays, comme c’est le cas de la cocaïne et de la méthamphétamine en Australie», peut-on lire dans le document de cette agence policière.  

 Roberge et Lagacé  

 Ces gangs criminels n’ont pas du tout été refroidis par les déboires des Québécoises Mélina Roberge et Isabelle Lagacé, qui ont été médiatisées à travers la planète.  

 Les deux jeunes femmes avaient été arrêtées sur un bateau de croisière dans le port de Sydney avec 21 M$ en cocaïne dans leurs valises, en août 2016, après avoir publié sur les réseaux sociaux de nombreuses photos d’elles tout au long de leur périple.  

 «Faites la connaissance des pires trafiquantes de tous les temps », titrait même le réputé magazine américain Rolling Stone dans un reportage à leur sujet.  

 Lagacé et Roberge, qui s’étaient fait payer cette croisière de 17 000 $ par des narcotrafiquants, ont respectivement écopé de sept ans et demi et huit ans de pénitencier.  

 En février 2018, Le Journal et notre Bureau d’enquête rapportaient que l’expédition de coke avait été orchestrée par un clan égypto-syrien et par la pègre juive, des factions du crime organisé québécois.  

 Prix élevé, forte demande  

 Selon le SCRC, « le prix du kilogramme de cocaïne en Australie et en Nouvelle-Zélande se situe entre 177 000 $ et 295 000 $ », alors qu’au Canada, le même kilo se vend jusqu’à six fois moins cher, soit « entre 50 000 $ et 65 000 $ ».  

 De plus, une étude du ministère de la Santé en Australie révélait que 0,8 % de la population de ce pays avait déjà consommé de la méthamphétamine (aussi appelée meth ou ice) en 2013, comparativement à 0,2 % des Canadiens.  

 « Du fait que le prix de la méthamphétamine en Australie et en Nouvelle-Zélande peut être au-delà de huit fois supérieur à celui du Canada, on s’attend à ce que les groupes du crime organisé canadien continuent d’exporter cette drogue dans ces pays », prévoit le SCRC.  

 Canadiens interceptés  

 L’agence policière qui relève de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) observe cependant une «intensification des mesures de répression» dans ces pays de l’Océanie.  

 Le mois dernier, les forces policières australiennes ont d’ailleurs arrêté un résident de l’Ouest canadien lié à la pègre asiatique, après la saisie de près d’une demi-tonne de méthamphétamines évaluée à près de 375 M$ dans un conteneur au port de Sydney.  

 Toujours à Sydney, le 30 juin dernier, une Canadienne de 42 ans qui voyageait avec son enfant a été interceptée à l’aéroport après la découverte de 12 kg de cocaïne dissimulée dans sa valise.  

 Des cas récents  

 Montréalais condamné  

  

 André Tamine a écopé de huit ans et cinq mois d’incarcération en décembre 2018. Le Montréalais de 65 ans avait été arrêté à Sydney en même temps que les Québécoises Mélina Roberge et Isabelle Lagacé sur le navire de croisière Sea Princess II. Il était en possession de 60 kg de cocaïne dans sa cabine, soit deux fois plus que la quantité transportée par les deux femmes.   

 Québécois accusé  

 Le 31 janvier dernier, Yaroslav Pastukhov, qui habitait Montréal sous une fausse identité, a été arrêté par la GRC et a comparu à Toronto pour avoir comploté l’exportation de 37 kg de cocaïne en Australie. L’ex-journaliste de 28 ans ayant déjà travaillé pour Vice Canada aurait recruté des mules qui se sont fait épingler à l’aéroport de Sydney avec de la drogue dans leurs valises en 2015, dont le Montréalais Kutiba Senusi, condamné à sept ans et demi de pénitencier dans cette affaire, selon le National Post.   

 Saisie record  

 Les agents frontaliers américains du port de Los Angeles ont effectué en janvier dernier une saisie record de 1,3 tonne de méthamphétamine qui devait être expédiée en Australie. Ces 17 millions de doses valaient environ 1,3 G$ sur le marché noir, selon les autorités australiennes. Des Canadiens seraient impliqués puisque des policiers de la GRC ont participé à l’enquête en menant des perquisitions en Colombie-Britannique.