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3e lien: le péage dépendra du fédéral, selon le ministre Bonnardel

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Si le gouvernement Legault envisage désormais un péage sur le troisième lien, c’est en raison du fédéral, qualifié de «frileux» dans le financement de cette infrastructure de plusieurs milliards de dollars, affirme le ministre des Transports. 

François Bonnardel
Photo Simon Clark
François Bonnardel

François Bonnardel a causé la commotion lundi en se disant ouvert, sur les ondes de QUB radio, à faire payer les utilisateurs du futur tunnel entre Québec et Lévis. Par le passé, le gouvernement Legault avait toujours fermé la porte à un péage pour financer le troisième lien.     

ÉCOUTEZ l'entrevue du ministre des Transports, François Bonnardel, sur QUB radio:  

«Ce n’est pas une option que je privilégie, précise toutefois M. Bonnardel. Maintenant, c’est de mon devoir de mettre toutes les options sur la table.» 

Le ministre explique que les scénarios sur le montage financier dépendent de la participation, ou non, du gouvernement fédéral. «Si ce n’est pas le cas, il faut évaluer les options de PPP [NDLR : partenariat public-privé]», fait-il valoir, tout en précisant qu’aucune décision n’est arrêtée pour le moment. 

Jusqu’ici, le gouvernement fédéral s’est montré «frileux» à participer au financement, estime le ministre. Questionné à savoir si la question deviendra un enjeu électoral, M. Bonnardel a dit s’attendre à ce que «le fédéral soit présent» dans le montage financier. 

Pas de demande, dit Ottawa 

Du côté d’Ottawa, on s’étonne de la déclaration du ministre Bonnardel. «On n’a jamais reçu de demande de financement officielle. On n’a jamais reçu de projet», fait valoir l’attachée de presse du ministre fédéral de l’Infrastructure et des collectivités, François-Philippe Champagne. 

Si le gouvernement fédéral n’a pas d’enveloppe spécifique dédiée aux ponts et tunnels, des programmes existent pour financer le transport en commun, qui devrait faire partie du troisième lien, précise le cabinet de M. Champagne.    

Les troupes de Justin Trudeau ne se sont toutefois pas engagées à appuyer le troisième lien, contrairement au chef conservateur Andrew Scheer, qui a offert son appui sans équivoque. 

De son côté, le cabinet de M. Bonnardel reconnaît qu’aucune demande officielle n’a été envoyée à Ottawa pour le moment. «La structure du financement du Tunnel Québec-Lévis est présentement en cours d’élaboration. Nous ne sommes pas à l’étape de confirmer le montage financier», dit son attachée de presse. 

Annonce à venir 

À la fin du mois de juin, le ministre a annoncé que le fameux troisième lien, objet de débat depuis des années dans la Capitale-Nationale, sera un tunnel d’une longueur de 6,5 kilomètres (environ 9 kilomètres avec les approches) qui passera sous la pointe ouest de l’île d’Orléans.  

«Après l’annonce du tracé choisi, [...] le travail qu’on a commencé à faire, c’est d’évaluer toutes les options et les formes de financement possibles, avec le fédéral ou non... et la Banque des infrastructures aussi, explique M. Bonnardel. Alors, dans ces conditions, il fallait être capables de se dire : où est-ce qu’on va aller? Quand on va être préparé et on va être prêts à annoncer les coûts de ce projet, on sera capables de vous donner toutes les options de financement possibles.» 

Le gouvernement Legault refuse pour l’instant de révéler la fourchette de coûts envisagée pour la construction du 3e lien. Plusieurs facteurs restent à déterminer, fait-on valoir, dont le nombre de voies dans le tunnel. 

Une étude du professeur Bruno Massicotte chiffrait un tel ouvrage à 4 milliards$ en 2016. Le maire de Québec, Régis Labeaume, a pour sa part déjà avancé le montant de 10 milliards $. 

Les libéraux veulent des réponses 

Du côté de l’opposition libérale, le critique Gaétan Barrette a réclamé mardi un mandat d’initiative pour entendre le directeur du bureau de projet du troisième lien en commission parlementaire. 

«Les Québécois ont le droit de savoir combien ça va coûter, plaide M. Barrette. Le gouvernement doit laisser le bureau de projet transmettre à la population toute l’information liée à ce projet. [...] Le gouvernement doit faire preuve de transparence et présenter les informations cumulées jusqu’à présent.»  

Opposé au troisième lien, Québec solidaire doute pour sa part de la pertinence d’un tel exercice. Pour la députée Catherine Dorion, le directeur pourra difficilement parler librement. «Ça serait intéressant de l'entendre, mais son boss, c'est la CAQ, souligne-t-elle. Il ne peut pas se mettre à dire n'importe quoi. Est-ce qu'on va vraiment accès au fond de sa pensée?»   

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