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Bouchard veut lancer un message

Deuxième au pays, l’athlète d’Alma lutte pour une place aux Olympiques de Tokyo l’an prochain

Quebec
Photo Stevens Leblanc Léandre Bouchard lors de la présentation de l’équipe canadienne au mont Sainte-Anne, mardi.

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BEAUPRÉ | Problèmes mécaniques, maladie, mais surtout, la meilleure performance de sa carrière : Léandre Bouchard est passé par toute la gamme des émotions depuis le début de la saison 2019, et à la veille du début des Championnats du monde de vélo de montagne au Mont-Sainte-Anne, le Québécois ne demande pas mieux qu’une « grosse performance » de sa part en cross-country (XCO).

Deuxième parmi les Canadiens au classement de l’UCI derrière l’Ontarien Peter Disera, la fierté d’Alma lutte désespérément pour décrocher sa place en vue des Jeux de Tokyo, l’été prochain.

Pour l’heure, le Canada n’est assuré que d’une place chez les hommes. Le processus de qualification se terminera à la fin mai 2020.

« Mon compatriote Peter Disera me dépasse un peu en termes de résultats [alors qu’il est 27e au monde et moi 49e], mais c’est l’occasion au Mont-Sainte-Anne de prouver que j’ai ma place aussi. Je vais donner le meilleur de moi-même et on va être satisfait. Je vise un top 20 pour permettre de m’enlever un peu de pression », a soutenu l’olympien de Rio qui a multiplié les entrevues au pied des pistes, mardi.

Bouchard ne cache pas que le processus dans lequel ses compatriotes et lui sont plongés pendant deux ans avant le grand jour trotte constamment dans l’esprit.

Avec Raphaël Gagné (voir autre texte), qui a aussi roulé sous les anneaux en 2016, ils sont les deux meilleurs espoirs de la province.

« On ne le dit pas beaucoup, mais tout le monde court après ça. Le jeu se dessine un peu plus. Je pense que je suis encore dans la course et c’est ce que je veux démontrer en fin de semaine », a-t-il assuré.

« Tu ne peux pas mentir à toi-même et dire que tu n’y penses pas. C’est là. [Mais par rapport à ma position], je ne ferai pas de commentaire d’ici samedi [...] C’est le rêve de tous, surtout que ce n’est qu’une fois aux quatre ans. Il y a un long processus derrière les Olympiques qui ont un caractère exclusif », a ajouté Disera.

Couronné aux championnats nationaux, Disera attend la course de samedi avec impatience.

« J’ai eu des semaines plus difficiles récemment. Je ne veux pas mettre de numéro comme objectif. Je peux finir 4e ou 45e, mais l’important sera que je coure à 100 % de mes capacités le jour venu », a renchéri le champion canadien.

En confiance

Sa 14e position ce mois-ci à Lenzerheide, en Suisse, a été la meilleure performance enregistrée en carrière pour Bouchard sur le circuit de la Coupe du monde, mettant un baume sur un début de campagne éprouvant.

« J’étais vraiment content et ça a été très bon pour la confiance. Je savais que je l’avais en dedans de moi [...] Tout était réuni et tout s’est bien passé. J’espère poursuivre sur cette lancée », a convenu le longiligne athlète de 26 ans.

Bouchard se dit en pleine forme pour la course la plus attendue du calendrier.

Il en sera déjà à ses 10es Mondiaux depuis son baptême à la Côte-de-Beaupré en 2010 alors qu’il était d’âge junior.

« Au mois de juillet, j’ai contracté un rhume et ça m’a affecté sur la troisième Coupe du monde même si ça ne paraissait pas trop. Puis, j’ai dû abandonner à la Coupe du monde numéro quatre et j’étais aussi affecté aux championnats canadiens (2e place). C’est maintenant derrière moi [...] Je suis revenu à mon plein potentiel, voire meilleur. »

Relais par équipe

Avant de s’attaquer à la course traditionnelle de leur catégorie respective, les représentants de l’unifolié participeront au relais par équipe, mercredi, à compter de 12 h 30.

Cinq coureurs par pays (hommes et femmes élite, hommes et femmes U23, hommes juniors) seront choisis pour la cause.

Raphaël Gagné à la recherche de soutien

La présentation des Championnats du monde en sol québécois tombe à point pour Raphaël Gagné. Sans équipe depuis le début de la saison, le cycliste de 32 ans espère qu’une bonne performance de sa part devant les siens l’aidera dans sa quête de soutien pour le calendrier 2020.

Gagné s’est retrouvé le bec à l’eau tout juste avant la saison quand la formation britannique Silverback OMX avec laquelle il avait signé un contrat de trois ans a perdu son commanditaire principal.

Faute de financement, elle a renoncé aux activités 2019.

Cette fâcheuse situation n’a pas empêché le vététiste de Lac-Beauport de ravir la médaille d’or aux championnats panaméricains disputés au Mexique, en avril, mais des maux de dos l’ont ensuite ralenti.

Objectif

Troisième parmi les Canadiens au classement mondial, Gagné vise toujours une participation aux Jeux de Tokyo, l’été prochain.

« Non, je ne suis pas découragé, mais je le fais aussi pour les bonnes raisons, sinon, j’aurais tiré la plogue. C’est une saison qui me coûte cher personnellement. Je suis allé chercher quelques partenaires, des gens qui m’aident, mais en partant mon programme, c’était une solution temporaire et j’espère me retrouver une équipe pour l’an prochain », a résumé celui qui roule sous les couleurs de Team Raph.

Aide importante

Sans l’aide cruciale de Cyclisme Canada, Gagné estime qu’il aurait eu à débourser 30 000 $ de sa poche pour participer aux différentes épreuves à son calendrier.

Rien ne garantit qu’il pourra bénéficier de cette tape dans le dos en 2020.

« C’est le minimum du minimum. Normalement, ça devrait me coûter entre 40 000 et 50 000 $ », avoue-t-il.

Gagné participera à ses 14es Mondiaux en carrière et ses deuxièmes à la montagne de Beaupré après ceux de 2010.

Il ne cache pas que la présentation de la course reine du calendrier près de chez lui revêt un cachet particulier.

« Il y a un avantage de pouvoir le rouler beaucoup plus à l’avance que les autres et il y a l’avantage de l’avoir fait depuis 10, 15 ans, et l’avantage de la foule. Certains disent que ça ne les affecte pas, mais d’avoir toute cette énergie positive, j’aime cette sensation. »