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Électrochoc pour un ex-champion

Julien Absalon est un ardent défenseur des compétitions de vélos électriques

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Julien Absalon, lors de l’épreuve de vélo électrique.

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BEAUPRÉ | Recordman absolu en Coupe du monde de cross-country (XCO) avec 33 victoires, en plus d’avoir été six fois vainqueur au Mont-Sainte-Anne, le Français Julien Absalon carbure toujours autant à l’adrénaline en piste depuis sa retraite en s’adonnant au vélo de montagne électrique pour continuer d’entretenir sa légende.

Le double champion olympique de la discipline en a fait une éloquente démonstration à l’occasion de la première course de E-Bike en marge des Championnats du monde de vélo de montagne, mercredi après-midi, à la montagne de Beaupré, un endroit qu’il a chéri tout au long de sa carrière. 

Absalon, qui s’est couvert de gloire aux Jeux d’Athènes et de Pékin, en plus de remporter cinq titres mondiaux, a décroché la médaille de bronze à ce rendez-vous historique. 

L’un des premiers vététistes d’élite à faire la promotion du vélo à assistance électrique, il avait encerclé la date de mercredi à son calendrier, à l’instar d’autres anciens ténors du XCO. 

«Je suis tombé amoureux du E-Bike lorsque j’étais encore coureur de cross-country, a raconté le vétéran de 39 ans après la course. J’ai été l’un des premiers crosseurs de haut niveau à adopter le vélo et à l’intégrer dans ma préparation. 

«Dans 20 ans, peut-être que je pourrai dire que j’étais à Mont-Sainte-Anne pour ces premiers championnats, 21 ans après mon premier titre mondial chez les juniors!» 

Un vélo décrié

Bien avant donc de se retirer de la compétition de cross-country en 2018, Absalon avait compris les bienfaits procurés par l’utilisation de l’engin pour entretenir son statut sur le circuit mondial. 

S’il s’agissait de la première épreuve aux Mondiaux de l’UCI, l’athlète longiligne a participé à diverses courses en sol européen où la popularité du E-Bike ne cesse de croître. 

Cela ne s’est toutefois pas fait sans heurts et le principal intéressé a dû convaincre bien des sceptiques que le vélo électrique ne se résumait pas uniquement à des sorties de plaisance en montagne. Au contraire. 

«Les mentalités ont évolué, a souligné le représentant de l’Hexagone. Je me suis un peu entêté. En tant que cycliste de haut niveau, je m’affichais avec un E-Bike et j’avais énormément de commentaires négatifs, voire assez désagréables. Je disais aux gens d’essayer. Les gens qui n’ont jamais essayé pensent que le E-Bike égale un vélo de fainéant. C’est faux. On peut pédaler autant que sur un vélo classique. Il faut pédaler pour obtenir une puissance.» 

À fond de train

Contrairement à ce qui était convenu au départ, les coureurs n’ont pas eu à gérer l’autonomie de leur batterie, alors que l’UCI a opté pour une course de quatre tours sur un tracé de 5,6 km. Les moteurs ne pouvaient soutenir au-delà de 25 km/h. 

Selon l’évaluation du quintuple champion du monde, il restait 45 % à la vie de sa batterie. Son moteur générait une puissance de 625 watts. 

«Tous les coureurs ont fait une course au niveau turbo [...] Et l’UCI n’a pas réussi à faire adopter les mêmes batteries pour tout le monde. À l’avenir, ce sera peut-être l’idée», estime Absalon qui espère qu’un circuit de Coupe du monde verra éventuellement le jour. 

Le Sud-Africain Alan Hatherly a écrit l’histoire en remportant l’or, alors que Jérôme Gilloux, qui est aussi de la France, a fini au deuxième rang. 

Félix Longpré, de Saint-Ferréol-les-Neiges, a été le meilleur Canadien avec une neuvième position. Il est rentré à la maison la tête remplie de souvenirs. 

«On m’a prêté un vélo hier [mardi] matin! J’ai vraiment eu du fun. C’était très technique. Un moment donné, j’étais à côté de Kenta Gallagher, un pro de la descente, et de Christoph Sauser [champion du monde en 2008], dont j’avais l’affiche dans ma chambre. Je pourrai dire toute ma vie que j’ai fait un top 10 aux premiers Mondiaux.» 

Maghalie Rochette échappe l’or 

Maghalie Rochette, déçue de sa médaille d’argent.
Photo Stevens LeBlanc
Maghalie Rochette, déçue de sa médaille d’argent.

Maghalie Rochette filait tout droit vers la médaille d’or en vélo de montagne électrique (E-Bike) jusqu’à ce qu’une bête erreur anéantisse ses espoirs. 

«Au dernier tour, avec le vélo électrique, les montées deviennent très techniques parce que ça va très vite. J’ai fait une erreur d’inattention. Quand on court à la limite, il faut être très concentré et j’ai mis le pied à terre [...] C’est un peu crève-cœur, mais c’était une super belle expérience d’apprentissage et j’ai vraiment tripé», a réagi la cycliste de Sainte-Adèle qui se spécialise en cyclo-cross. 

La Québécoise n’a pu s’empêcher de verser quelques larmes en voyant la Suisse Nathalie Schneitter s’emparer de la victoire par cinq secondes. 

«Je suis une personne très compétitive et je voulais absolument avoir le premier titre de l’histoire. Il va falloir que je revienne», a laissé entendre l’athlète. 

La championne panaméricaine de cyclo-cross amorcera la saison de cette discipline en Coupe du monde au cours des prochaines semaines. 

Deux frères unis par leur sport 

Pendant que l’Ontarien Peter Disera aspire à représenter le pays aux prochains Jeux olympiques d’été comme actuel meneur de la sélection, son petit frère Quinton trace sa propre voie en cross-country. Les deux vététistes ont été couronnés champions canadiens (élite et U23) à deux pas de chez eux en juillet et seront du départ samedi dans leur catégorie respective. 

«C’est spécial. On passe la majorité de l’année ensemble à courir et à voyager avec notre équipe Norco Factory Team. C’est normal pour nous parce qu’on a toujours fait ça. Évidemment, ça comporte aussi son lot de désagréments, a dit en rigolant Peter, en entrevue. Par exemple, c’est clair que je vais faire en sorte de ne pas m’asseoir avec lui dans l’avion. On passe assez de temps ensemble!»