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Frapper le mur

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Si vous vous amusez sur une plage, et que vous voyez au loin une vague géante s’approcher, vous allez ramasser vos petits et déguerpir au plus sacrant, non ?

C’est ce que tout le monde ferait.

Enfin, tout le monde... sauf le Québec.

UNE SCIENCE DURE

Au Québec, on voit la vague géante s’approcher, grossir, prendre de l’ampleur et de la vitesse, et on se dit : « Bah, pas besoin de s’énerver ! On a le temps ! Un autre gin-tonic, Ginette ? »

Regardez tous les problèmes que nous avons avec la pénurie de main-d’œuvre dans divers secteurs : tourisme, hôtellerie, restauration, commerce au détail, etc.

Ce n’est pas arrivé comme ça, du jour au lendemain !

Aucune bombe atomique n’est tombée sur le territoire québécois, tuant instantanément le tiers de nos travailleurs !

C’était prévisible.

La population vieillit, le nombre de retraités augmente, les Québécois ne font plus d’enfants, la pyramide d’âge s’inverse­­­...

Résultat : dans X années, il va manquer de jeunes pour laver la vaisselle et servir les plats dans les restos.

Pas besoin d’être Nostradamus ou de lire l’avenir dans les fesses pour arriver à cette conclusion !

Ça s’appelle la démographie.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

L’étude des populations sur un territoire donné — le taux de natalité, le taux de mortalité, la migration, le nombre de jeunes qui arrivent sur le marché du travail, le nombre de vieux qui le quittent, etc.

Ce n’est pas une science molle. C’est une science dure. Avec des maths, des chiffres, des statistiques, des courbes, des graphiques­­­.

Voulez-vous bien me dire pourquoi on ne consulte pas nos démographes, au Québec ?

On en a pourtant de bons. D’excellents, même, réputés à travers le monde.

Mais on ne les écoute pas.

On prend les rapports qu’ils rédigent et on les jette directement dans le bac vert.

BAH, C’EST PAS URGENT...

Les restos, les hôtels et les commerces manquent de main-d’œuvre ?

C’était prévisible.

Le vieillissement de la population entraîne un plus grand besoin de services et met une pression énorme sur le système de santé ? On a besoin d’infirmiers, de préposés aux bénéficiaires et de médecins ? Les coûts du système explosent ?

C’était prévisible.

On manque de spécialistes dans les écoles ?

C’était prévisible. L’augmentation fulgurante de cas d’autisme ne date pas d’hier.

Il y a de plus en plus de retraités et de moins en moins de travailleurs pour payer leurs fonds de pension ?

C’était prévisible. Depuis très longtemps.

Mais on s’est dit : « Bah, on réagira quand la vague arrivera... »

Finalement, la vague est là et on boit la tasse.

On a fait la même chose avec nos infrastructures. On savait que plusieurs de nos routes et de nos ponts avaient atteint leur durée de vie utile, mais on n’a rien fait.

On a attendu que des viaducs tombent et que nos routes ressemblent à la face de Freddy­­­ Krueger dans Nightmare on Elm Street pour sortir les pépines­­­.

UNE TEMPÊTE INSTANTANÉE ?

Idem pour la « crise des médias­­­ ».

À entendre certaines entreprises de presse, la révolution technologique est arrivée comme ça, paf, du jour au lendemain !

Personne n’a vu le vent tourner !

Voulez-vous rire de nous ?