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Censure, ou autocensure?

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En pleine commission parlementaire sur l’avenir des médias, la députée solidaire Catherine Dorion a jeté un pavé dans la mare, en mettant en doute l’indépendance des journalistes et chroniqueurs de Québecor.

Devant le grand patron Pierre Karl Péladeau, la députée frondeuse a relaté mercredi son expérience de blogueuse au Journal de Québec.

Elle a soutenu que son supérieur lui avait enjoint de ne pas critiquer ou attaquer ni Québecor ni personne de Québecor, après qu’elle eut écrit un blogue dans lequel elle s’en prenait à une autre chroniqueuse du groupe.

Certains ont frémi, convaincus que le pot aux roses venait d’être découvert, au son d’un retentissant « Ah, ha », comme dans les publicités de Familiprix. La star de QS, elle l’a dévoilée, l’affaire... la « culture d’entreprise d’autocensure », comme elle l’a dit hier.

La Presse + a évoqué cette sortie sur sa une jeudi.

Orientation idéologique

Or, voilà. Dans la convention collective des employés de La Presse, il est inscrit noir sur blanc que « les commentaires, analyses, chroniques ou autres écrits à l’exclusion des textes d’information ne doivent pas être hostiles à La Presse ».

Plus encore, il est stipulé que les éditoriaux ne doivent pas être hostiles à La Presse ni à son orientation idéologique.

Ainsi, « chacun des éditorialistes pourra exprimer [...] ses idées et ses opinions à l’intérieur des limites de cette orientation idéologique ».

Il s’agit de l’article 7.10 de la convention.

Ça, c’est clair. Est-ce qu’on peut alors parler de censure, plutôt que d’autocensure ?

Facile à comprendre

C’est ce qu’aurait dû savoir Catherine Dorion alors que, en cognant sur la table, elle talonnait Pierre Karl Péladeau. Alors qu’elle lui demandait comment il pouvait garantir, s’il met la main sur les journaux en faillite de Groupe Capitales Médias, qu’on ne se retrouve pas avec six journaux de plus « où il va être tabou de vous critiquer vous et Québecor ? »

Ah, et probablement, par ailleurs, qu’on n’entendra jamais Catherine Dorion « planter » une idée défendue par Québec solidaire, c’est son parti.

Plutôt facile à comprendre...