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Digue jugée trop haute à Sainte-Marthe-sur-le-Lac: les travaux stoppés

La mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac demandera l’aide des tribunaux pour passer sur des terrains privés

Les travaux de la nouvelle digue ont été arrêtés hier en raison de la discorde sur la hauteur de la digue entre des riverains et la municipalité.
Photo collaboration spéciale, Stéphane Sinclair Les travaux de la nouvelle digue ont été arrêtés hier en raison de la discorde sur la hauteur de la digue entre des riverains et la municipalité.

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SAINTE-MARTHE-SUR-LE-LAC | La hauteur envisagée pour la nouvelle digue à Sainte-Marthe-sur-le-Lac cause des tensions parmi des citoyens au point que les travaux ont été stoppés hier matin.

« C’est trop haut pour rien ! Pourquoi devrions-nous avoir une digue beaucoup plus haute que celles de Pointe-Calumet et de Deux-Montagnes ? » questionne une riveraine, qui désire garder l’anonymat pour ne pas envenimer davantage la situation avec ses voisins.

Les travaux de renforcement et de rehaussement de la digue qui a cédé lors des inondations au printemps dernier ont débuté le 19 août et couvrent les berges du lac des Deux Montagnes entre la 1ère et la 45e Avenue.

La ville des Laurentides avait annoncé vouloir hausser la digue de 1,4 mètre et les murs de roches ou de béton déjà existants de plusieurs pieds, ce qui soulève l’ire de plusieurs riverains rencontrés par Le Journal.

Des riverains se plaignent que le rehaussement de la digue va cacher leur vue sur le lac des Deux Montagnes.
Photo collaboration spéciale, Stéphane Sinclair
Des riverains se plaignent que le rehaussement de la digue va cacher leur vue sur le lac des Deux Montagnes.

 

Vue obstruée

La reconstruction crée des tensions entre, d’un côté, des riverains de la rue des Érables qui refusent que leur vue sur l’eau soit obstruée, et de l’autre, des voisins qui n’habitent pas sur le bord de l’eau et qui acceptent le rehaussement qui les protégera de futures inondations.

Des résidents affirment qu’ils vont avoir un mur de 6 pieds de haut entre leur terrain et le lac, ce qui pourrait entraîner une perte de valeur de leur maison.

Hier matin, deux riverains de la rue des Érables ont refusé l’accès à leur terrain sur le bord de l’eau à l’entrepreneur qui s’occupe des travaux. Ils affirment que la Ville n’a pas de servitude, c’est-à-dire qu’elle doit avoir la permission du propriétaire du terrain pour y avoir accès. Ce qu’ils ont refusé de donner aux travailleurs hier, a confirmé la municipalité.

Sainte-Marthe-sur-le-Lac a donc fait appel aux forces de l’ordre pour accéder aux terrains, mais les policiers ont refusé d’agir plaidant qu’il s’agissait d’un cas de droit civil entre les riverains et la municipalité.

Des employés avaient cessé de travailler lors du passage du Journal, hier après-midi sur la rue des Érables.
Photo collaboration spéciale, Stéphane Sinclair
Des employés avaient cessé de travailler lors du passage du Journal, hier après-midi sur la rue des Érables.

« Pas négociable »

La mairesse a affirmé au Journal hier que la hauteur de la nouvelle digue n’était pas négociable.

« On n’est pas au marché aux puces ici. On ne va pas commencer à négocier la hauteur avec tout le monde », a lancé Sonia Paulus. Elle affirme que la hauteur a été décidée par des experts afin que la digue puisse protéger les citoyens des changements climatiques pendant au moins 100 ans.

Injonction

Cette dernière a mandaté un cabinet d’avocats pour obtenir une injonction le plus vite possible pour poursuivre les travaux.

« Ils ralentissent les travaux et ce n’est pas une bonne nouvelle. On doit être prêts pour le printemps prochain », soutient la mairesse.


► Les travaux de 43 M$ sont financés à 40 % par Québec, 40 % par Ottawa et 20 % par la municipalité.