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Trois Canadiennes parmi l’élite

Catharine Pendrel, Emily Batty et Haley Smith se livreront une chaude lutte demain à Beaupré

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Catharine Pendrel et Haley Smith se livrent une chaude lutte pour déterminer la meilleure Canadienne sur le circuit mondial à l’issue de la présente saison. 

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BEAUPRÉ | Catharine Pendrel et Emily Batty ne sont plus seules à faire rayonner le maillot à la feuille d’érable en cross-country (XCO). À 25 ans, l’Ontarienne Haley Smith s’est invitée brillamment dans la course vers les prochains Jeux olympiques d’été. Les trois femmes seront en action demain à l’épreuve des Championnats du monde de vélo de montagne au Mont-Sainte-Anne.

Septième au classement de l’UCI, ce qui la place devant ses compatriotes – Pendrel (10e) et Batty (49e) –, Smith s’est placée dans une position enviable en vue du rendez-vous de Tokyo depuis le début de la saison en finissant trois fois parmi les dix premières, décrochant notamment la médaille de bronze en mai à l’étape de la Coupe du monde Nove Mesto, en République tchèque. À cela s’ajoute sa troisième place aux Jeux du Commonwealth l’an passé.

« Je voulais fracasser le top 10 cette saison en Coupe du monde et j’ai réussi à le faire trois fois, incluant un podium. Si on m’avait dit en début de saison que je réussissais un podium, j’aurais probablement ri dans ta face ! » reconnaissait la sympathique athlète en marge de la rencontre de presse des membres de l’équipe canadienne.

Terre à terre

Puisque les heureux élus de la sélection olympique ne seront annoncés qu’en juin prochain au terme d’un long et éreintant processus, la vététiste reste humble en dépit de ses succès sur ses deux roues.

« On a actuellement deux places libres et il y a probablement plus que deux athlètes qui pourraient ravir ces places. C’est mon plus grand rêve. Tout ce que je peux faire, c’est de donner le meilleur de moi-même. Je ne vais pas regarder ce que les autres font, tout ce que je peux faire, c’est me concentrer sur moi-même », a assuré la coureuse de Norco Factory Team.

Double championne du monde et médaillée de bronze aux Jeux de Rio, Pendrel poursuit son œuvre à 38 ans. La clé du succès ? Sa capacité d’adaptation au fil des ans.

« Il ne faut pas avoir peur de changer. Quand tu dois faire des changements, il faut les faire. Je garde un peu un état d’esprit de type débutante, soit d’avoir du plaisir et d’embrasser les défis devant moi. Puis, je n’hésite pas à apprendre de nouvelles choses. La compétition est de plus en plus dure et je n’ai pas le choix de suivre la parade », a expliqué la Néo-Brunswickoise.

La vétérane espère poursuivre sur sa lancée des dernières semaines à la montagne de Beaupré.

« Je suis satisfaite de ma progression. J’aurais aimé progresser plus vite plus tôt, mais ça prouve la profondeur qu’il y a au sein du circuit maintenant. Je suis heureuse d’avoir trouvé une manière de réaliser un podium à ma dernière course (5e, règle en Coupe du monde) et j’espère que je pourrai encore batailler jusqu’à la fin. »

Une idole

Smith a toujours admiré sa compatriote qui a roulé trois fois sous les anneaux, mais elle a dû abandonner son chapeau de partisane pour se loger parmi la crème.

« Je me rappelle clairement la première fois que j’ai roulé avec Catharine et j’étais effrayée parce que je me disais que j’étais trop lente pour elle. Puis, je me suis développée et on court ensemble. C’est très spécial. C’est toute une expérience d’être à ses côtés », a-t-elle signalé, le sourire aux lèvres.

Par ailleurs, la relève masculine s’annonce prometteuse dans la discipline au pays alors que le meneur du classement mondial, Carter Woods, de la Colombie-Britannique, s’est emparé du quatrième rang de l’épreuve junior XCO, hier après-midi. Le Britannique Charlie Aldridge a remporté les grands honneurs.

Trois vélos, c’est mieux qu’un

Les juniors Magdeleine Vallières-Mill (photo) et Carter Woods se sont illustrés à leur course respective, hier après-midi. 
Photo Stevens LeBlanc
Les juniors Magdeleine Vallières-Mill (photo) et Carter Woods se sont illustrés à leur course respective, hier après-midi. 

Il n’y a pas à dire, la passion du vélo coule dans les veines de Magdeleine Vallières-Mill. La Québécoise pousse son amour à l’extrême en partageant son année entre le cyclo-cross, le vélo sur route et le vélo de montagne.

Rares sont les athlètes qui peuvent se vanter de s’illustrer dans plusieurs disciplines à la fois. La jeune Sherbrookoise fait partie de ces exceptions depuis qu’elle a goûté au cross-country (XCO) alors qu’elle fréquentait l’école secondaire.

Triple championne canadienne junior sur le bitume plus tôt cet été, Vallières-Mill n’a pas trop paru intimidée pour son premier rendez-vous avec l’élite mondiale de son âge en montagne, hier, finissant au 24e rang, la deuxième meilleure performance parmi les Canadiennes engagées. La Suissesse Jacqueline Schneebeli l’a emporté.

« J’étais en sports-études quand j’étais au secondaire et c’est là qu’on m’a initié au vélo de montagne. Je faisais déjà un peu de cyclo-cross et de cyclisme sur route à cause du club cycliste de Sherbrooke. Avec les sports-études, j’ai commencé à faire plus de compétitions et j’ai fait quelques courses de vélo de montagne. Cette année, comme c’était au Québec [les Mondiaux], je me suis dit que j’allais m’essayer », racontait la coureuse de 18 ans à l’issue de la course au Mont-Sainte-Anne.

Un triplé en 2019

Mais cette passion dévorante, elle la doit avant tout à son père à la suite d’une expédition le long du fleuve Saint-Laurent jusqu’en Gaspésie quand elle était plus jeune. « Quand j’avais à peu près 9 ans, on a fait un voyage de touring avec des bagages sur nos vélos. On est montés de Sherbrooke à la Gaspésie, et depuis, j’ai eu la piqûre. »

Pour elle, le fait de conjuguer les trois sports l’aide quand vient le temps de changer de monture. Après avoir pris part aux Championnats du monde de cyclo-cross en février dernier et à ceux de la présente semaine, elle complétera le triplé en se rendant à Yorkshire, en Grande-Bretagne, à l’occasion du volet junior des Mondiaux sur route prévus du 22 au 29 septembre.

« Pour la route, ça aide pour ma forme. En montagne, ça me permet d’être plus habile sur mon vélo quand je suis sur la route. Puis, ce n’est pas si pire [la transition]. Mon entraîneur Chris Rozdilsky m’aide à gérer les transitions », a avoué la jeune femme toute menue.

Responsable du programme de la relève de l’équipe nationale en vélo de montagne, Jeff Ain abonde dans le même sens.

« L’aspect le plus important pour développer un athlète, spécialement pour les plus jeunes, ils n’ont pas à choisir un sport précis. L’important est d’avoir un solide plan pour trouver l’équilibre. Il y a un bon historique de femmes excellant en vélo de montagne, sur la route et en cyclo-cross. Ça ne me surprend pas. Elle est très talentueuse et s’entraîne très fort », a-t-il confié au Journal.

Vallières-Mill sait qu’elle devra inévitablement choisir sa scène favorite.

« Entre le vélo de route et le cyclo-cross, c’est vraiment difficile de choisir. J’aime vraiment les deux, et le vélo de montagne, c’est le fun aussi. Bref, j’aime les trois ! Ce sont des sports qui se complètent bien. À un moment donné, il faudra qu’il y en ait un principal par rapport aux autres sans nécessairement arrêter les deux autres », avoue-t-elle.