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Un homme qui a des couilles

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Un homme qui a des couilles

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Je viens de trouver mon nouveau héros. Il s’appelle Alberto Barbera et il est le directeur de la Mostra de Venise, un des plus prestigieux festivals de cinéma au monde.    

Quand on lui a fait le reproche qu’il y avait seulement deux films réalisés par des femmes sur 21 films en compétition cette année, il a répondu qu'il aurait sélectionné plus de films réalisés par des femmes « si des femmes avaient soumis plus de bons films ». Autrement dit, lâchez-moi avec vos quotas, mon seul critère c’est la qualité. Oh mon Dieu, j’adore cet homme qui se moque de la rectitude politique !    

  

Barbera s’est fait dire qu’il faudrait imposer un quota 50-50, hommes femmes, pour son festival qui remet chaque année depuis 76 ans la récompense tant convoitée du Lion d’or. Il a répliqué que ce serait "offensant".     

"Cela voudrait dire que le seul critère à appliquer dans le processus de sélection, qui est la qualité de chaque film, importerait moins", a-t-il affirmé en conférence de presse. Et il a précisé : « Si j'avais trouvé 50% des films réalisés par des femmes à inclure en compétition,je l'aurais fait sans qu'il soit nécessaire d'introduire des quotas »    

Mais son approche ne porte pas seulement sur les quotas de femmes.    

«D’autres critères, qu’il s’agisse de facteurs politiques, sociaux, anthropologiques ou ethnologiques,sont, à mon avis, inacceptables dans le processus de sélection, sinon nous devrions commencer à (avoir) des quotas pour tous les groupes minoritaires. »,a-t-il ajouté.    

  

Ayoye, ce gars-là a du front tout le tour de la tête. Il a dû faire sauter au plafond tous les lobbys de femmes et de groupes minoritaires. Imaginez donc ! Il ferme la porte à des quotas de films réalisés par des personnes issues de la diversité culturelle etsexuelle. C’est un affront monumental à la Police du quota progressiste.    

Mais dans le fond, que dit Barbera de si révolutionnaire ? En art, on ne doit considérer que la qualité de l’œuvre.     

Imaginons maintenant que la Méthode Barbera soit appliquée ici au Québec dans d’autres domaines artistiques.     

Des lobbys exigent que 50% desartistes dans les festivals de musique soient des femmes ? On leur répond : « On prendra plus de femmes quand plus de femmes feront des bonnes tounes ».     

Hé la la, j’imagine déjà les hauts cris et les crises du bacon de tous les artistes offensés.    

Pourtant, les années où des Marjo, des Isabelle Boulay, des Diane Dufresne dominaient les palmarès, on n’entendait personne réclamer la parité...    

L’autre sujet qui fait controverse à Venise cette année, c’est la sélection du plus récent film de Roman Polanski (même si Polanski ne sera lui-même ne sera pas présent à Venise, car il a peur de se faire extrader aux Etats-Unis où il devrait faire face à la justice).    

Là-dessus aussi Barbera a eu la bonne réponse : « C’est le film et non la personne qui sera jugée au festival ».     

Décidément, cet homme a des couilles.    

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