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«Un lieu de culture international»

Le Diamant a été inauguré, vendredi, en présence de Robert Lepage, de politiciens et de ses principaux financiers

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Le Diamant est officiellement sorti de son écrin. Quinze ans et 57 millions de dollars plus tard, le lieu de création et diffusion théâtral auquel a longtemps rêvé le metteur en scène Robert Lepage a été inauguré vendredi, et on dit déjà du nouveau joyau de place d’Youville qu’il deviendra une carte de visite pour Québec partout dans le monde.

« C’est un lieu absolument extraordinaire, comparable à des salles où j’ai déjà joué un peu partout, comme à Athènes ou Barcelone. C’est dix fois, cent fois mieux que ce qu’on pensait », s’est réjoui Robert Lepage.

Le metteur en scène Robert Lepage attendait depuis longtemps l’ouverture du Diamant. On le voit ici en compagnie des ministres Nathalie Roy et Jean-Yves Duclos, de même qu’avec sa sœur, Lynda Beaulieu.
Photo Stevens LeBlanc
Le metteur en scène Robert Lepage attendait depuis longtemps l’ouverture du Diamant. On le voit ici en compagnie des ministres Nathalie Roy et Jean-Yves Duclos, de même qu’avec sa sœur, Lynda Beaulieu.

Doté notamment d’une salle de spectacle pouvant accueillir jusqu’à 650 personnes et d’un studio de création à la fine pointe de la technologie, Le Diamant, dévoilé devant un parterre de politiciens et ses principaux bailleurs de fonds, suscite déjà la curiosité.

Les deux journées portes ouvertes, samedi et dimanche, affichent complet et tous les billets pour la première de la pièce Les sept branches de la rivière Ota, le 7 septembre, sont vendus.

« C’est merveilleux, s’est exclamé le maire Régis Labeaume. Les gens de Québec ne le réalisent pas, mais ça va devenir rapidement, dès la première année, un lieu de culture international à cause de la réputation de Robert et de sa notoriété. »

Mieux que la Batcave

Avant d’établir ses pénates dans l’édifice qui abritait autrefois le Cinéma de Paris et le YMCA, Le Diamant était à l’époque destiné à s’installer dans une caverne sous les bretelles de l’autoroute Dufferin-Montmorency. Devant un budget projeté de 200 millions de dollars, Robert Lepage et sa sœur Lynda Beaulieu ont dû opter pour un plan B. Qu’ils ne regrettent absolument pas.

Une œuvre temporaire, signée des marionnettistes de Pupulus Mordicus.
Photo Stevens LeBlanc
Une œuvre temporaire, signée des marionnettistes de Pupulus Mordicus.

« Par rapport à ce qu’il apporte à la ville, Le Diamant a beaucoup plus de sens ici, à place d’Youville. Ça nous oblige à faire des choses en synergie avec le Palais Montcalm et le Capitole. On va beaucoup plus dynamiser la ville avec le Festival d’été, ComediHa!, le Festival de cinéma. Ça va avoir plus d’impact que faire cavalier seul dans le Batcave », a signalé Robert Lepage.

Attirer les touristes

« Deux mille six cents places dans trois salles, deux hôtels dans le carré d’Youville. C’est rare dans le monde. Le nightlife va revivre », a ajouté le maire Labeaume.

L’un des principaux objectifs de Robert Lepage est d’ailleurs d’attirer des touristes dans Le Diamant. Déjà, plusieurs personnes de Montréal ont acheté des places pour les premières représentations. Ça ne fait que commencer, croit fermement l’homme de théâtre.

La terrasse extérieure sur le toit du Diamant.
Photo Stevens LeBlanc
La terrasse extérieure sur le toit du Diamant.

« Nous avons toute une équipe qui travaille sur les bateaux de croisière et au Château Frontenac. »

Sa sœur Lynda Beaulieu, présidente du Diamant, a pour sa part émis le souhait que les gens de Québec y viennent avec leurs enfants. Parce que « la culture fait rêver », a-t-elle fait valoir.

— Avec la collaboration de Taïeb Moalla

 

Une architecture qui fait un clin d’œil au passé

Spectaculaire sans être tape-à-l’œil, moderne tout en conservant le cachet d’époque du bâtiment construit en 1890, Le Diamant dévoile enfin ses charmes. « Le fil conducteur, c’est la mémoire. Le Diamant se veut un hommage à l’histoire de la ville de Québec et à l’architecte Joseph Ferdinand Peachy, qui a construit 27 bâtiments ici », a expliqué l’architecte principale du projet, Marie-Chantal Croft. Voici quelques images de l’intérieur du bâtiment entièrement rénové.

L’une des deux portes d’entrée du Diamant (l’autre est située sur la rue des Glacis) est surplombée de l’œuvre <i>Atome ou le fruit des étoiles</i>.
Photo Stevens LeBlanc
L’une des deux portes d’entrée du Diamant (l’autre est située sur la rue des Glacis) est surplombée de l’œuvre Atome ou le fruit des étoiles.
Des arches de bois récupérées de l’ancien YMCA accueillent les visiteurs au 2e étage, où est situé le foyer.
Photo Stevens LeBlanc
Des arches de bois récupérées de l’ancien YMCA accueillent les visiteurs au 2e étage, où est situé le foyer.
La salle de spectacle, munie de bancs rétractables, pourra prendre différentes configurations et accueillir jusqu’à 650 spectateurs.
Photo Stevens LeBlanc
La salle de spectacle, munie de bancs rétractables, pourra prendre différentes configurations et accueillir jusqu’à 650 spectateurs.

Le Diamant

  • Coût total : 57 M$
  • Gouvernement du Québec : 30 M$
  • Gouvernement du Canada : 10 M$
  • Ville de Québec : 7 M$
  • Privé : 10 M$ (dont 500 000 $ de Robert Lepage)

Les dates

1890

Ouverture du YMCA sur le site actuel du Diamant

Vers 1948

Vente du YMCA et ouverture du Cinéma de Paris

1999

Le Cinéma de Paris ferme ses portes

2011

Achat des bâtiments par Ex Machina

2016

Début de la construction du Diamant

2019

Livraison du Diamant

Sources : Le Diamant et les archives de la ville de Québec