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Au diable les dépenses sous Justin Trudeau

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Malgré des revenus budgétaires nettement supérieurs à ses attentes, le gouvernement Trudeau s’est avéré tellement dépensier durant son règne de quatre ans que le retour à l’équilibre budgétaire ne pourra voir le jour avant huit ans. Minimum.

C’est donc dire pas avant l’exercice financier de 2028-29, selon les récentes prévisions effectuées par le Bureau du directeur parlementaire du budget. Et pourtant...

Lors de la campagne électorale de 2015, Justin Trudeau clamait sur toutes les tribunes que son futur gouvernement, après trois années de « déficits modestes », allait réussir à rééquilibrer le budget fédéral à partir de 2019.

À vrai dire, la « promesse » du retour à l’équilibre budgétaire a tenu pendant un mois, c’est-à-dire jusqu’à la mise à jour économique effectuée en novembre 2015 par son ministre des Finances, Bill Morneau.

Dès son premier budget de l’exercice financier 2016-17, le nouveau gouvernement Trudeau affichait ouvertement ses couleurs de grand dépensier.

SON BILAN BUDGÉTAIRE

En quatre budgets, les déficits accumulés sous le gouvernement Trudeau totalisent la somme astronomique de 70 milliards de dollars.

L’accumulation d’imposants déficits explique en grande partie pourquoi la dette fédérale a grimpé sous l’ère Trudeau de 90 milliards $, pour atteindre les 706 milliards $.

Parenthèse : malgré la croissance de la dette fédérale, le poste des frais d’intérêt de la dette est resté quasi au beau fixe en raison du faible niveau des taux d’intérêt. Il en coûtera cette année 26,2 milliards $ en frais d’intérêt sur la dette de 706 milliards $, soit à peine 700 millions de plus qu’en 2015, où la dette s’élevait à 616 milliards.

Passons aux dépenses des programmes fédéraux. Elles ont augmenté de près de 24 % en quatre années budgétaires, soit de 63,4 milliards $. En 2019-20, les dépenses prévues s’élèvent à 329,4 milliards $.

Pendant ce temps-là, le gouvernement Trudeau voyait l’ensemble des revenus grimper de 17 %, en hausse de 49,4 milliards $. Montant des revenus prévus en 2019-20 : 339 milliards $. Notons que les revenus supplémentaires de 49 milliards $ proviennent exclusivement de l’impôt sur le revenu des particuliers et des sociétés, des taxes et des droits d’accise.

Fait à noter. Par rapport aux projections effectuées par le ministre Bill Morneau lors de son premier budget de 2016-17, le gouvernement encaissera cette année des revenus supplémentaires de 11,3 milliards $. Le problème ? Le gouvernement dépensera cette année pour ses programmes 20 milliards $ de plus que ce qu’il avait projeté.

Voilà pourquoi le gouvernement Trudeau est financièrement dans le trou !

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LES GAGNANTS

Parmi la population canadienne, les heureux gagnants des mesures mises en place sous le gouvernement de Justin Trudeau sont les familles avec enfants et les aînés.

Voici le pactole supplémentaire qu’ils se partagent cette année par rapport à l’année financière 2015-16.

  • Prestations aux aînés : 10,7 milliards $
  • Allocation pour enfants : 6,4 milliards $

Pour leur part, les provinces et territoires reçoivent cette année en transferts fédéraux la somme de 11,1 milliards $ de plus qu’il y a quatre ans.

L’administration des programmes fédéraux, ce qui comprend entre autres les ministères et leur personnel, récolte le « jackpot » des dépenses supplémentaires. Le fédéral n’y a dépensé cette année rien de moins que 35 milliards $ de plus qu’en 2015-16.

SA CHANCE

En dépit de la forte augmentation des dépenses gouvernementales et de ses déficits à répétition, le gouvernement Trudeau s’en tire économiquement bien.

Sous son règne, il s’est créé plus d’un million d’emplois au Canada. Le taux de chômage est passé de 6,9 à seulement 5,7 % au pays. Et la rémunération hebdomadaire moyenne a bondi de 8,3 %.

Le PIB (produit intérieur brut) a enregistré une croissance de 14,8 %.

SES GAFFES

Je me permets de relever trois gaffes de Justin Trudeau.

  • Son entêtement à ne pas vouloir que Netflix charge à ses clients la TPS sur ses services.
  • Son je-m’en-foutisme devant les cinq géants du GAFAM qui ne payent pas d’impôts au Canada.
  • Son impertinente stratégie d’intervention auprès de l’ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould en vue d’aider SNC-Lavalin à conclure un accord d’arrangement financier pour éviter un procès criminel, laquelle stratégie a finalement nui à l’entreprise.

Et en terminant, il m’apparaît pour le moins incohérent de voir Justin Trudeau investir des milliards dans l’achat du pipeline Trans Mountain tout en continuant de clamer que la protection de l’environnement lui tient à cœur.