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Héritage : Aspirer à une vie meilleure

Frédéric Pierre
Photo courtoisie, Caroline Laberge Frédéric Pierre

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Campée à Chicago dans les années 1950, la pièce Héritage, qui sera prochainement présentée chez Duceppe, raconte l’histoire d’une famille afro-américaine défavorisée qui souhaite se hisser au niveau de la classe moyenne, et accéder au rêve américain, après avoir reçu un héritage.

Montée pour la toute première fois au Québec en français, A Raisin in the Sun (son titre original) créée à Broadway en 1959 s’est pourtant démarquée depuis sa création. Son auteure, Lorraine Hansberry, une Afro-Américaine, originaire de Chicago engagée dans la lutte des Noirs s’est inspirée de sa propre histoire. Alors qu’elle était âgée d’à peine 28 ans, sa pièce a pris l’affiche à Broadway et a ensuite été traduite en 35 langues en plus de mériter le New York Drama Critics’ Circle Awards. 

« Cette pièce est un classique afro-américain aux États-Unis », lance le comédien, Frédéric Pierre, qui admet avoir été très touché et même bouleversé par la lecture du texte. « Toute la distribution est noire à l’exception d’Éric Paulhus », ajoute-t-il.

L’histoire met en scène une famille noire, les Younger, dotée de valeurs chrétiennes. Ils vivent entassés dans un petit appartement d’un quartier défavorisé de Chicago. Mais le vent risque de tourner puisque Lena, la mère, dont le mari vient de décéder, attend un chèque de 10 000 dollars, provenant de l’assurance-vie de son époux. 

« On estime que cette somme équivaut à 100 000 $ aujourd’hui », indique la tête d’affiche. À cette époque, les Noirs, pour la plupart, ont des emplois peu valorisés. « C’est une famille qui travaille fort pour joindre les deux bouts, le père était ouvrier, Lena fait des ménages et mon personnage est un chauffeur de limousine pour un homme blanc », fait remarquer le comédien. « C’est aussi un show de femmes, elles sont très fortes. »

Rêver grand

Ainsi, recevoir la somme de 10 000 $ permet à chaque membre de la famille de rêver grand et d’entrevoir l’avenir sous un nouveau jour, permettant de s’épanouir. Lena a l’intention d’acheter une maison pour la famille. « Walter n’a pas les mêmes rêves que les autres membres des sa famille, il souhaite investir dans un magasin de boissons alcoolisées », annonce Frédéric Pierre à propos de son personnage qui vit avec son épouse Ruth et leur fils ainsi que sa jeune sœur Beneatha sous le même toit avec sa mère. Quant à Beneatha, elle a aussi de grandes ambitions. « Elle veut faire des études en médecine », souligne-t-il. Mais à l’évidence, la somme sera insuffisante pour permettre à chacun de rêver comme il l’entend.

Un quartier blanc

Une fois le chèque encaissé, la maman achètera une maison en s’installant dans un quartier où les gens de race blanche dominent. On verra que les Younger ne sont pas les bienvenus dans le quartier blanc et on voudra les forcer à partir.

C’est ici que la pièce est inspirée de la vie de l’auteure décédée à seulement 34 ans. Son père avait fait l’acquisition d’une maison en 1938 dans un quartier blanc du sud de Chicago et rapidement, les résidants blancs s’étaient opposés à leur arrivée. Une lutte s’est imposée jusqu’en Cour suprême. Il a eu gain de cause. 

Héritage  

  • Auteure : Lorraine Hansberry (1930 – 1965)
  • Mise en scène : Mike Payette
  • Distribution : Frédéric Pierre, Patrick Émmanuel Abellard, Lyndz Dantiste, Myriam De Verger, Malik Gervais-Aubourg, Tristan D. Lalla, Tracy Marcellin, Mireille Métellus, Éric Paulhus et Jason Selman
  • Du 4 septembre au 5 octobre au Théâtre Duceppe